La joueuse de GO

1 février 2002
| Aucun auteur

SHAN SA

MANDCHOURIE, 1936. Depuis 1931.. le pays envahi par l`armée japonaise, subit les affres de la guerre. Pendant que les combats font rage. Chante de nuit, dans la fleur de ses 16 ans, est devenue une redoutable joueuse de go – un jeu pourtant réservé aux hommes – et la seule femme admise place des Mille Vents, où elle reste invaincue devant ses adversaires.

LE NASARD Y AMÈNE bientôt un jeune officier japonais. Lui et l’adolescente chinoise entament dès lors une partie qui s’étalera sur des jours. Métaphore de la guerre, cette partie de go évoque aussi la lutte millénaire que se livrent deux cul­tures, chacune étant persuadée de sa supériorité et de sa grandeur. Entre les deux adversaires s’installe en outre un lien profond, qui ne se traduira cependant jamais par des mots.

CETTE FACULTÉ À SUGGÉRER, à explorer les zones de l’indicible constitue justement la force de l’écriture lyrique de Shan Sa. De fait, avec La joueuse de go, son troisième roman. l’écrivaine née à Pékin est loin de proposer une banale histoire d’amour. Elle nous permet de pénétrer un monde méconnu, voir énigmatique, et y campe une très belle figure féminine sans cesse consciente de vivre à « une époque déchirée entre la tradition et la modernité ». Mais l’époque est en guerre, hélas, et cette dernière donnera à Chant de nuit et à son officier japonais la dimension de héros aussi tragiques que poignants.

SA, Shan, La joueuse de go. Grasset Montréal, 2001, 350 p.

Source : La Gazette des femmes. janvier-février 2002, Francine Bordeleau

Partager :

facebook icontwitter iconfacebook icon