La place de la femme

26 février 2026

« La place de la femme est partout.Partout où elle le désire. »

J’ai lancé cette idée à partir du premier débat à la mairie de Sherbrooke en 2017. Je ne me rappelle pas du contexte précis mais l’idée de devoir s’exprimer sur « la place de la femme » m’a agacé. Comme s’il y avait UNE place de la femme. Comme si ce n’était qu’une boîte. Là. Juste là. Comme si tout le reste était la place des hommes. Au XXIe siècle.

Générations deboutte !

J’aime le slogan choisi cette année par le Collectif 8 mars qui rappelle celui du journal « Québécoises deboutte ! » de 1971. J’y vois une plus large ouverture sur la société : les Québécoises ne sont plus seules dans leur quête. « D’une génération à l’autre, nos appels se répondent, nos luttes s’entrelacent et nos victoires se tissent ensemble vers l’égalité. »

Perdre son nom et son identité

Jusque vers la fin des années 1970, la femme avait trois choix de vie  : rester célibataire, devenir religieuse ou se marier (à l’église évidemment). Dans le premier cas, elle était ostracisée, humiliée voire ridiculisée si à 25 ans elle était toujours « vieille fille ». Vieille ! À 25 ans !

En religion, Angélique Beauséjour pouvait devenir Soeur Saint-Gérard de la Décollation-de-Saint-Jean-Baptiste. Une ancienne novice m’avait confié que plus la nouvelle novice était belle, plus la Mère supérieure lui accolait un nom humiliant. Rien de tel pour une femme qu’un prénom masculin pour susciter l’humilité et l’obéissance.

Mariée, la femme perdait aussi son identité : Angélique Beauséjour devenait madame Gérard Laflaque dans la vie mondaine. Exit Angélique ; exit Beauséjour. Et elle s’engageait à obéir à Gérard « juste qu’à ce que la mort les sépare ».

La place de la femme et la religion

S’il existe des exemples patants de patriarcat que je qualifierais d’excessif, ce sont bien les religions. Ici, l’Église catholique semble préférer fermer des paroisses plutôt que d’en confier la responsabilité à des femmes. Pourtant, les communautés de religieuses ont longtemps géré l’éducation, la santé, les « bonnes oeuvres » et la vie paroissiale.

Les revendications récurrentes du mouvement féministe

Parmi celles-ci, je ne retiendrai ici (faute de place) que l’intégrité physique. Une cause a fait beaucoup avancer cet enjeu avec la cause de Jean-Guy Tremblay contre Chantale Daigle devant la Cour suprême en 1989. Toute cette saga est À LIRE. La chanson « La ballade de Sandale et Gandhi » de Plume Latraverse y réfère en étant à peine caricaturale.

Trouver sa place par l’exemple

J’aurais aimé donner des exemples de femmes de la région qui se sont illustrées dans les dernières décennies tant dans les organisations publiques que privées. Des « premières femmes à » prendre, créer et/ou occuper les places qu’elles ont choisies. Et elles ne manquent pas quand on y regarde de près. Malheureusement, des délais trop courts nous ont obligés à reporter ce projet. À retenir. Plus les petites filles auront de tels exemples, plus il y a de chances qu’elles s’y identifient et se retrouvent … partout. 

 

 

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