À s’en rendre malade ! ! !
À la suite d’une décision de la Cour suprême du Canada sur la question de la place du privé lucratif dans le domaine de la santé (appelé le jugement Chaoulli), le gouvernement du Québec s’est vu forcé de répondre par une réforme de ses lois dans ce domaine.
Prenant excuse de ce jugement, le gouvernement Charest a annoncé une certaine ouverture au privé lucratif dans le domaine de la santé. Évidemment, plusieurs ont poussé un « ouf » puisqu’il ne semble pas trop ouvrir la porte. Cette ouverture constitue tout de même un bond important dans l’attaque contre le système de santé gouvernemental. Bien sûr, nous comprenons tout à fait les personnes désirant se faire soigner au plus vite lorsqu’elles sont aux prises avec des maux difficilement supportables. MAIS…
Des question à réflexion…
Quelques questions à se poser sur l’effet à moyen et long terme d’une place de plus en plus grande du privé lucratif en santé. Qui pourra concrètement se payer (directement ou par l’intermédiaire d’assurances privées) l’accès à des cliniques privées ? Pensez-vous réellement que les compagnies d’assurances assureront les personnes déjà malades ou susceptibles de l’être sous peu ? Si le gouvernement est prêt à débourser pour assumer les coûts au privé, pourquoi ne pas investir cet argent dans le système public ? S’il y a pénurie de personnel médical actuellement au public, où le privé ira-t-il chercher son propre personnel ? S’il y a pénurie de main d’œuvre au privé, n’y aura-t-il pas aussi une liste d’attente ? N’est-ce pas le gouvernement lui-même qui a créé la situation alarmante actuelle dans le système de santé, et ce, par les coupures budgétaires et le manque de planification évident (pour les médecins particulièrement) ? Pourquoi ne parle-t-on jamais des conditions de travail du personnel des cliniques privées autre que les médecins (comparaison de salaire du personnel non médical par exemple) ? Et une tonne d’autres questions peuvent être soulevées !
Une attaque contre la collectivité !
Pourtant, la juge de la Cour supérieure du Québec (que l’on ne peut étiqueter à gauche…) a conclu dans son jugement « que l’accroissement des soins de santé privée, aurait indubitablement un effet négatif sur le système de santé public. La preuve indique que, au lieu de contribuer à diminuer les listes d’attente du système public, un système parallèle risque de les aggraver et entraînera vraisemblablement une réduction du financement du système public par l’État ». Reviendrons-nous en arrière ? Rappelons qu’avant la mise en place du système québécois public de santé, la maladie représentait la plus importante cause d’endettement pour les familles et les individus. Sommes-nous prêts et prêtes à revivre cette situation ?
À nous le public !
Entrée Libre, tout comme des centaines de citoyens et citoyennes, constate l’urgence d’apporter des correctifs importants dans la gestion du système de santé public québécois. Cependant, nous adhérons au courant qui exige que cela se fasse à l’intérieur d’un système de santé public. D’ailleurs, plusieurs pistes de solution sont sur la table qui ne risquent pas de « scrapper » ce dernier. Le gouvernement Charest va en consultation avec ses nouvelles orientations. Il nous faudra donc être vigilants et vigilantes et nous mobiliser pour arrêter cette glissade du privé lucratif en santé (faire de l’argent sur le dos des malades !). Comme si le privé était la réponse magique à la situation actuelle, aux différents maux de la société ! Rappelons que plusieurs de ces maux proviennent directement de ce privé miracle : bas salaire, conditions de travail indécentes, fermetures d’usines, etc.
OUI au système de santé public au Québec !
NON au privé lucratif sur le dos des malades !
NON à la médecine à deux vitesses !




