Un débordement « sans bon sens »

1 septembre 2004

Station d’épuration à Rock Forest

Il a fallu un journaliste de La Tribune pour nous informer, voilà quelques semaines, qu’au cours des mois de juin et juillet, la station d’épuration de Rock Forest avait débordé presque quotidiennement dans la rivière Magog. Le maire Perrault est apparu très calme et a répondu à ce véritable scandale que le problème en était un de financement. Voilà qui devrait faire rire jaune plusieurs citoyens et citoyennes qui assistent depuis des années aux envolées de dollars dans le cadre du projet de Cité des rivières.

Faute de savoir, on pouvait sentir »

En fait, on se demande si tout ce brouhaha médiatique ne pourrait pas servir finalement les intérêts de notre maire à la quasi-retraite. En effet, n’a-t-il pas en main une arme de choix pour exiger des fonds des autres paliers de gouvernement, plus particulièrement de M. Martin qui promettait, durant la dernière campagne électorale, de mieux financer les villes ? À notre connaissance, M. Perrault n’a pas jugé bon de s’excuser. De même, les dirigeants de la corporation Cité des rivières semblent avoir la même opinion sur leur imputabilité. Ceux-ci s’imaginent-ils que leur projet de faire de Sherbrooke la « référence nationale, voire internationale, en matière de gestion des rivières par bassin versant » consiste à planter des fleurs pour masquer l’odeur des excréments ?

Sans doute, les anciens membres de l’administration municipale de Rock Forest ont une grande part de responsabilité dans la dégradation de la gestion des eaux usées sur leur territoire. Force est de reconnaître, cependant, que le. maire Perrault

ainsi que les dirigeants de Cité des rivières, sont présentement les premiers responsables de ce manque de fonds pour les besoins élémentaires de la population de la nouvelle Ville de Sherbrooke. Six millions nous dit-il, défiant et agitant son porte-feuille vide.

Rappelons que, depuis le début, le projet de Cité des rivières s’est toujours peinturé en vert pour attirer les bailleurs de fonds sensibles au mot« environnement ». 0 n sait qu’il s’inscrit comme un projet récréo-touristique, gourmand de fonds publics, avec le but avoué de garder un visiteur quelque 36 heures à Sherbrooke ? Espérons que ces touristes ne venaient pas à Sherbrooke pour se rafraîchir dans la rivière !

La santé publique n’est pas un luxe

Six millions ? Comment M. Perrault peut-il s’émouvoir d’un tel chiffre après avoir prodiguer 3,2 millions pour une plate­; forme (au goût discutable pour certaines personnes) au centre­’ ville; 15 millions pour le sentier fleuri longeant le Lac des nations ? En fait, le député Premier ministre, Jean Charest, viendra probablement à la rescousse du Maire, ce qui n’est peut-être pas étranger au stoïcisme de M. Perrault devant la critique. Cela dit, son assurance a quelque chose d’arrogant et de proprement irresponsable : les conséquences de ces déver­sements auraient pu être graves, et pas seulement pour les courageux baigneurs de la plage Blanchard !

M. Perrault se paye peut-être des dorures avec Cité des rivières mais ENTRÉE LIBRE est d’avis que la population sherbrookoise ne saurait le laisser maintenant se payer le gros luxe de l’irres­ponsabilité en tournant le dos aux principes dont il s’est servi pour dépenser l’argent des ses concitoyens et concitoyennes. Nous espérons ainsi que, quand il parle de développement durable et de gestion de l’eau, il n’a pas en tête qu’un leurre à subventions ! Des subventions et des projets, oui, nous voulons bien. Mais devant l’urgence de la situation, la santé publique… et la transparence doivent primer.

 

 

 

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