Pourquoi pas du logement social ?
La période des Fêtes est à peine terminée que déjà, nombre de locataires, à travers le Québec, auront à décider s’ils renouvelleront leur bail ou pas. Devant la montée des coûts de location, la rareté des logements, particulièrement ceux à prix abordables ainsi que l’appauvrissement des ménages locatifs, force est de constater que déménager devient un pensez-y deux fois plutôt qu’une !
Fin de l’aide fédérale aux provinces
En 1994, le gouvernement fédéral a cessé de financer la construction de logements sociaux (HLM, coopératives, OSBL). Le Québec n’a conservé que le programme Accès-Logis pour aider à l’entretien des coopératives, programme dont le budget est insuffisant. Depuis, la situation au Québec n’a cessé de se détériorer. Pour remédier à la situation, les regroupements nationaux en défense de droits des locataires, revendiquent 50 000 unités sur une période de cinq ans. En fait, pour répondre aux besoins actuels, il faudrait réinvestir l’équivalent de 5000 à 10 000 logements sociaux par année.
Actuellement, au Québec, le nombre de logements sociaux se situe autour de 123 000, ce qui revient à environ un loge-ment sur dix. C’est très peu par comparaison avec les parcs européens où le logement social compte pour quatre logements locatifs sur dix. En 2004, lors de son 25e anniversaire, la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse recommandait « que le droit à un logement suffisant soit explicitement reconnu comme faisant partie du droit, garanti par l’article 45 de la Charte, à des mesures sociales et financières, susceptibles d’assurer un niveau de vie décent ». Il est difficile de comprendre le peu d’intérêt de la part de ces deux paliers de gouvernements face à ce besoin jugé essentiel.
Parlons logement à Sherbrooke
À Sherbrooke, la situation n’est guère plus réjouissante puis-qu’elle se situe légèrement sous la moyenne provinciale avec un taux de 9 % de logements sociaux sur l’ensemble du parc de logements locatifs. Pour combler les besoins actuels, l’As-sociation des locataires de Sherbrooke (ALS) revendique le double, soit 18 %. À court terme, un minimum de 300 unités sont réclamées, un chiffre plus que minimal compte tenu qu’il y a 20 % de personnes allouant plus de 50 % de leur revenu pour se loger. À l’heure actuelle, seulement de 20 à 30 unités par an sont consacrées au logement social. De ce nombre, on peut compter le projet des 24 unités en coopérative pour les grandes familles qui a pris trois ans à se réaliser.
Finalement, pourquoi pas l’ancien Relais
Entrée Libre appuie le projet d’achat de l’ancien Relais Saint-François afin de le rendre disponible pour des logements sociaux. Ce projet, parrainé par l’Association des locataires, a reçu l’appui du député fédéral Serge Cardin ainsi que de nombreux organismes communautaires. La solution est simple : que le gouvernement provincial donne son aval à l’achat de la bâtisse, estimée à 4 millions $, pour un montant symbolique ou plus abordable. Qu’attend le député de Sherbrooke Jean Charest pour donner son appui ? Les besoins sont criants dans son comté et les partenaires, nécessaires à la réalisation du projet, sont trouvés !
La proximité des services, la grandeur du terrain et de l’emplacement auraient pour effet de favoriser l’établissement de fa-mille. Le nombre de pièces et la taille des familles ne sont pas encore définis. Qu’importe Déjà, plusieurs attendent et espèrent. L’achat du Relais Saint-François permettrait une augmentation du nombre de logements décents et accessibles dont ont tant besoin plusieurs personnes démunies parmi la population sherbrookoise. L’occasion est belle, il faut la saisir !




