Une valeur universelle
Dans l’histoire de l’humanité, il existe une chose qui résiste à tous les défis du temps. Elle ne vieillit jamais, au contraire, elle est chaque jour plus belle, plus perfide et plus attirante. Elle surmonte toutes les frontières, tous les régimes et elle fonctionne parfaitement dans les régimes communiste ou capitaliste. Même la démocratie est un sol fertile pour la pleine croissance de l’hypocrisie.
De telle manière, l’hypocrisie devient un ciment qui relie tous les régimes, toutes les parties et tous les hypocrites de quelle provenance. Selon le dictionnaire, elle signifie : fait de cacher ce que l’on pense ou ce que l’on ressent et d’exprimer des sentiments que l’on n’a pas (par exemple, faire de grands sourires à quelqu’un que l’on déteste). Les hypocrites, porteurs et moteurs de l’hypocrisie, réussissent à passer n’importe où et n’importe quand. Ne le sommes-nous pas tous franchement de temps à autre ?
La saison idéale : la période électorale
Une saison pleine de succès pour l’hypocrisie est la période des élections où elle fleurit d’une beauté irrésistible. Tous les candidats promettent un rapide progrès de la société, auquel chacun va trouver son propre bénéfice et son avenir. Tous les politiciens promettent un développement rapide, quoiqu’ ils savent que tout cela n’est qu’illusion. Mais ça ne fait pas obstacle aux promesses : ça sonne bien et n’oblige à rien. Les promesses sont comme les papillons : belles et ne vivent pas longtemps (le temps d’une élection). Elles n’obligent que ceux qui les écoutent. La victoire électorale, c’est tout ce qui compte. Finalement, les promesses sont volatiles et demeurent seulement une joie pour les personnes naïves.
Force est de reconnaître que l’hypocrisie s’inscrit dans la mondialisation actuelle : quand une superbe puissance envoie ses armées pour détruire des armes de destruction massive et s’accroche les pieds dans le pétrole; quand cette même super puissance s’inscrit en faux contre la pollution en refusant de signer le protocole de Kyoto pour la réduction des gaz à effets de serre; quand des pays glorifient les valeurs multiculturelles tout en restant fermés à leur propre milieu; quand des pays favorisent !a globalisation du marché tout en appauvrissant encore plus les pays pauvres…
Pourtant, à l’occasion, l’hypocrisie pourrait être positive. Dans des situations embarrassantes, vous pouvez en appliquer une faible dose pour alléger une situation trop dure. Par exemple, si votre subordonné n’exécute pas bien son travail, dites-lui : « Essayez de trouver un autre emploi, ça pourrait aller mieux pour vous… » au lieu de « Tu es un bon à rien ». L’HYPO, c’est une valeur universelle et si elle n’existait pas il faudrait l’inventer.



