Le 1er mai : d’hier à aujourd’hui

1 avril 2002

Le Premier mai est considéré comme le jour par excellence pour célébrer la solidarité des travailleurs et travailleuses du monde entier. E n 1886, le massacre des travailleurs de Chicago en marque le début. Aujourd’hui, en niai 2002, face à la mondialisation des marchés, la vraie sécurité passe par le respect des droits fondamentaux, ici et ailleurs.

Aboutissement d’une longue période d’organisation au sein du mouvement ouvrier américain, particulièrement autour de la revendication de la journée de huit heures, le 1er mai 1886 est désigné comme la date à laquelle les huit heures devraient entrer en ap­plication. Sur 190 000 person­nes qui firent la grève à tra­vers tout le pays durant la première quinzaine de mai; 80 000 étaient des ouvriers et ouvrières de Chicago. C’est donc là où le mouvement est le plus fort qu’il faut frapper.

Au début Chicago

Au matin du 3 mai 1886, à Chicago, la stratégie patro­nale et policière est au point. À la police municipale s’ajou­tent les forces conjuguées de la Garde nationale, de cons­tables spéciaux et de plu­sieurs centaines d’agents de Pinkerton. Vers trois heures de l’après-midi, alors que 7 000 ouvriers et ouvrières manifestent devant l’usine McCormick, les patrons en profitent pour faire sortir les « scabs » sous leur nez. Les manifestants lancent des pier­res et s’emparent d’un « scab ».

La police surgit en formation serrée, les armes à la main. Elle ouvre le feu à bout por­tant : six ouvriers sont tués et une cinquantaine sont blessés.

Le lendemain, une manifesta­tion est appelée pour répon­dre à cette agression soigneu­sement planifiée. Malheu­reusement, le dépôt d’une bombe lancée par un provocateur parmi et avec les policiers fait une victime et plusieurs blessés entraînant par la suite une vague de répression contre le mouve­ment ouvrier organisé. Huit hommes furent finalement accusés de meurtre. Aucune ombre d’une preuve établit qu’ils étaient liés à l’attentat meurtrier et n’empêcha pas le tribunal de les reconnaître coupables de meurtre.

Après plusieurs procédures, quatre d’entre eux furent pendus le vendredi 11 no­vembre 1887. Cette journée fut surnommé le « vendredi noir » du mouvement ouvrier américain.

Une fête pour nous

Le 1er mai n’est donc pas une « fête » comme les autres. C’est le jour choisi par le congrès de 1889 de la Deu­xième Internationale, organi­sation regroupant les mili­tants et militantes socialistes, pour rappeler le sacrifice des travailleurs de Chicago, mas­sacrés en 1886 à l’occasion de la lutte en faveur de la journée de travail de huit heures. À la suite de ces événements, le 1er mai devint, dans beaucoup de pays, la Fête des travailleurs et tra­vailleuses. De leur côté, les patrons américains ont tout fait pour que le 1er mai passe à l’oubli. Cela n’a pas réussi et nous célébrons encore cette année le 1er mai.

Le 1er mai, c’est le jour où les travailleurs et travailleuses se souviennent; c’est aussi l’oc­casion d’affirmer collective­ment notre solidarité et de faire connaître nos revendi­cations. Après quelque trente années sans manifestation à Montréal, le 1er mai 1970 marqua une reprise impor­tante alors que 4 000 person­nes défilèrent dans les rues pour les « gars de Lapalme ». Elles auront été à l’avant-garde en Amérique du Nord en décidant de célébrer cette Fête internationale des tra­vailleurs et des travailleuses, rejetant ainsi le traditionnel Labour Day, premier lundi de septembre, d’inspiration américaine. »

Avec l’accroissement de la pauvreté et de la course aux profits qui entraîne une con­centration révoltante de la richesse et aussi l’exclusion de plus en plus de gens, il n’est pas sûrement dépassé de « fêter » le 1er mai.

Source : GILBERT, Normand. 1er mai : la fête de nos luttes, Entrée Libre, vol. IX, n° 2, 1994

 

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