Escalade de la violence

En 1948, la création de l’État d’Israël a provoqué de profondes perturbations politiques dans toute la région du Moyen-Orient, dont les effets se font sentir encore aujourd’hui. Au lendemain de la deuxième Guerre mondiale, la partition de la Palestine historique, immédiatement approuvée par l’ONU, a été acclamée comme une victoire par le monde occidental, traumatisé par les révélations de l’Holocauste à l’égard des Juifs. La création de l’État d’Israël, supposé accueillir les Juifs du monde entier, paraissait alors comme une solution idéale au problème de l’antisémitisme européen. Le rêve sioniste s’est vite transformé en cauchemar sans fin pour tous les peuples de la région, particulièrement pour le peuple palestinien dépossédé de sa terre et réduit à l’état de réfugié sans patrie. La guerre de 1967 a permis à Israël d’occuper militairement le reste de la Palestine, infligeant ainsi une autre défaite cuisante aux peuples arabes de la région.

Le contrôle de la terre et de l’eau se trouve au cœur du conflit actuel opposant Pales­tiniens et Israéliens. L’appui politique et militaire impor­tant des puissances occiden­tales en faveur de l’État d’Israël, crée un déséquilibre entre les forces en présence sur le terrain. Cet appui est motivé par la volonté de sou­tenir un allié stratégique dans la région et d’affaiblir les régimes arabes avoisinants, dont l’Occident convoite les ressources pétrolières et autres.

Processus de dépossession

En dépit des Accords d’Oslo de 1993, Israël pour­suit toujours l’occupation militaire des territoires occu­pés en 1967, sensés pourtant former le futur État palesti­nien autonome. En fait, le processus de dépossession des Palestiniens s’est accéléré au cours de la dernière décennie. La poursuite des politiques d’occupation, in­cluant la destruction massive de maisons et l’expropriation de terres palestiniennes pour faire place à l’implantation de nouvelles colonies juives, s’est intensifiée pendant les négociations. Depuis, l’éco­nomie palestinienne s’est gravement détériorée et les violations des libertés fonda­mentales des Palestiniens se sont multipliées.

Profitant de l’hystérie col­lective suscitée par les atten­tats du 11 septembre, les Autorités israéliennes se sont lancé dans une opération militaire sans limites dans les territoires occupés. Opérant un amalgame douteux entre les instigateurs des attentats de New York et le soulève­ment populaire du peuple palestinien, qui refuse de se soumettre à l’occupation militaire, Israël saisit l’occasion pour intensifier sa répression à l’endroit des Palestiniens, sous prétexte de «  guerre au terrorisme » avec l’accord des États-Unis.

L’arrivée au pouvoir de la nouvelle administration Bush en 2001 laisse le champ libre à Israël qui augmente sa répression. Cela achève de tuer tout espoir de paix. Cette réalité, longtemps occultée par la presse occidentale, explique en grande partie la multiplication récente des attentats suicides par de jeu­nes palestiniens, poussés au désespoir. Les auteurs de ces opérations suicides, qui font des victimes parmi les civils israéliens, sont considérés comme des martyrs aux yeux de leur population. Mais cela confirme aussi l’étiquette de « terroristes » que leur accole la presse israélienne, ampli­fiée par les médias occidentaux, exerçant une compas­sion sélective à l’égard des victimes, selon qu’elles sont d’un camp ou de l’autre.

En avril 2002, le cycle de violence/répression/terreur a atteint un niveau d’horreur inégalé jusque là. Ce conflit non résolu alimente sans cesse les extrémistes des deux bords et menace plus que jamais la paix mondiale. Il contribue aussi à accroître le ressentiment des popula­tions arabes et islamiques à l’égard des puissances occi­dentales qui soutiennent Is­raël au mépris des droits fondamentaux du peuple palesti­nien. De plus en plus de voix israéliennes, arabes et autres réclament avec insistance le retrait immédiat et total d’Israël des territoires occu­pés, et l’instauration d’un État palestinien indépendant sur ces territoires. Seule une intervention de la commu­nauté internationale en faveur d’une solution fondée sur le droit international peut rame­ner une paix juste et durable.

 

 

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