SOMBRE HISTOIRE que celle des Diamond, une famille aisée de Trois-Rivières, comme l’attestent la vaste maison, les écoles privées, les bonnes, les voyages en Europe. « À la maison, tout nous semblait instable, rempli de drames insoupçonnés et d’ébranlements soudains », écrit Lynn Diamond. En apparence, pourtant, le seul drame concerne son frère Michel : schizophrène, interné à l’âge de 18 ans, il disparaît quelque temps après et ne sera jamais retrouvé. En 2001, soit 20 ans plus tard, l’écrivain rencontre par hasard un ancien homme de main de la mafia qui affirme avoir participé à l’enlèvement et à l’assassinat de Michel. La révélation oblige Lynn Diamond à reconsidérer l’histoire familiale, à la réécrire en quelque sorte. Le corps de mon frère révèle ainsi les mensonges, les demi-vérités, les secrets, mais aussi les choses sues que tous se dissimulaient. Du roman émerge la figure du père, aujourd’hui décédé : commerçant, artiste, marié à une femme névrosée, parieur invétéré – ses dettes de jeu ont d’ailleurs entraîné la mort de Michel -, il s’avère un homme fascinant. La même épithète s’applique au livre de Mme Diamond, qui dépasse de loin la seule dimension personnelle, autobiographique, pour proposer un travail sur l’écriture, la mémoire, les notions de vérité et de fiction.
Source : La Gazette des femmes, sept.-oct. 02, vol. 24, n° 3
DIAMON D, Lynn. Le corps de mon frère, Éditions Triptyque,



