La guerre en Irak a été un exploit de propagande. Outre l’épisode du sniper de Washington durant quelques semaines au mois d’octobre 2002, la question irakienne a eu une place prédominante dans les médias. De plus, comment peut-on avoir de l’information objective et indépendante lorsque que l’armée américaine a choisi ces journalistes pour suivre les convois militaires ? Avant tout, la guerre est une question d’intérêts. Dans le cas de la politique américaine pour s’allier la population, il faut que la guerre soit juste. Ainsi entre enjeu la propagande et les médias.
Intérêts politiques
Les intérêts d’un gouvernement sont d’abord les premiers motifs qui poussent un État à entrer en guerre. Celle-ci n’est pas investie d’une mission providentielle comme l’a laissé croire la Maison-Blanche avec son concept de guerre juste. Mais dans le cadre de la politique américaine, les intérêts (pétroliers, géostratégiques, détournement de l’opinion publique sur les problèmes internes, stabilisation du Moyen-Orient, maintien de la paix mondiale pour la sécurité de l’Amérique) ne justifient pas seulement une guerre, elle nécessite également la volonté de la nation, c’est-à-dire de l’opinion publique. De plus, il faut comprendre que le président et son équipe ont également l’objectif personnel d’être réélu pour un deuxième mandat. Avec ce double objectif, un acte belliqueux nécessite l’alliance de l’opinion publique. Pour cette raison, l’équipe Bush s’est investie d’une mission : éliminer un régime qui est une menace pour la sécurité mondiale du fait de la présence d’armes de destruction massive. Cet argument est le plus favorable pour rallier derrière le président, et le Congrès et une nation.
Le jeu de la propagande
CNN va endosser cette position présidentielle. Christiane Amanpour journaliste vedette de CNN soutient que « la presse était muselée et (s’était) auto-muselée ». Selon Amanpour, les télévisions « ont été intimidées par l’administration (…) Tout le monde politique (…) l’administration, les services de renseignements, les journalistes n’ont pas assez posé de questions sur les armes de destruction massive. Cela semblait de la désinformation aux niveaux les plus élevés. »1 Malgré que Washington nie avoir lié le 11 septembre 2001 et Saddam Hussein, près de 70 % des Américains croit que ce dernier est associé aux attentats.12 N’est-ce pas l’œuvre de la propagande ? Après le 11 septembre 200I, seulement 3 % d’entre eux croyaient que Saddam Hussein était impliqué directement dans les attentats. En effet, selon Steven Kull, directeur du Program on International Policy Attitude (PI PA) « L’administration a réussi à faire croire qu’il existe un lien entre les attentats du 11 septembre et Saddam Hussein. »2 Sans le jeu de la propagande, quelle aurait été la position de la population américaine face à la guerre en Irak ?
Ève Morin-Desrosiers
- Agence France Presse, 17 septembre 2003
- Christian Science Monitor, 14 mars 2003 (Traduction libre)



