Depuis le 5 janvier 1986, les gens qui décident de prendre leurs pré-retraites s’aperçoivent que leurs chèques d’assurance-chômage sont diminués, ou encore, totalement coupés. Ceux et celles dont les chèques sont coupés entièrement n’auront droit qu’à trois semaines de chômage. Ces coupures, le gouvernement les explique par une logique très simple : le revenu provenant d’une pension est considéré de la même façon que toute autre rémunération (salaire) provenant d’un emploi, qu’il soit présent ou antérieur.
Quelle est l’implication de cette nouvelle mesure sur l’universalité du programme d’assurance-chômage et sur le marché du travail ? La quasi-élimination d’une catégorie de gens des prestations de l’assurance-chômage : ceux qui peuvent se prévaloir d’un an de chômage à leur préretraite. Cela occasionne le ralentissement des départs volontaires des personnes âgées qui désirent abandonner leur emploi pour être remplacées par des plus jeunes.
Prenons l’exemple d’une personne admissible à des prestations de 126,00 $ par semaine — soit la moyenne des prestations versées par l’A-C — et ayant des rentes hebdomadaires de 175,00 $. Cette personne a le droit de gagner 25 % de sa prestation d’assurance-chômage, soit un montant de 31,50 $. Ce montant sera diminué de ses revenus des rentes : 175,00 – $ 31,50 $ = 157,50 $; comme ce montant est supérieur à la prestation, le prestataire n’est donc pas admissible à l’assurance-chômage.
Pour les personnes âgées, il n’y a pas seulement les revenus provenant de pensions de préretraite qui sont calculés, mais aussi les primes de séparation des nouveaux-elles retraités-ées. Et finalement, pour les gens de plus de 65 ans qui n’arrêtent pas de travailler, ils ne sont plus admissibles aux prestations d’assurance-chômage !
On peut conclure avec les mots du Conseil national du Bien-être social du Canada, dans son rapport d’octobre 1985 (page 30) : « … une personne âgée sur quatre vivait sous le seuil de la pauvreté en 1983 ».
Collaboration spéciale du M.C.C.E.



