Main basse sur l’État : Les partenariats public-privé au Québec et en Amérique du Nord

1 Décembre 2005

Voilà un livre qui arrive à point ! En effet, les partena­riats public-privé, dont tout le monde parle, avaient grand besoin qu’on parle d’eux, avec sérénité, sans toujours suc­comber aux blagues un peu facile que nous permet son acronyme : PPP.

Le sujet est évidemment très large et il serait injuste de re­procher aux auteurs de ce col­lectif d’avoir oublier certains exemples (comme le Brésil de Lula) dans le traitement de ce qui est bien plus qu’un slogan. Les PPP, c’est avant tout une philosophie de gestion qui pos­tule que les fonctionnaires ne cherchent qu’à augmenter leur budget et que trop de ressour­ces sont gaspillées à simplement s’assurer du respect des règles plus ou moins sévères de l’ap­pareil bureaucratique.

Les PPP auraient comme ob­jectif premier d’améliorer l’ef­ficience de la fonction gouver­nementale. En soit, ce but est difficilement contestable, le problème est qu’il peut s’avé­rer un écran de fumée dissimu­lant des visées clientélistes moins recommandables. A ce chapitre, les PPP que Georges Bush a instaurés, en matière de programmes sociaux (réhabili­tation de détenus, réinsertion au marché du travail), lui a per­mis de dorloter sa base électo­rale plus conservatrice. En acheminant l’argent des pro­grammes sociaux à des organi­sations religieuses, Bush a ré­compensé ses fidèles électeurs mais s’est aussi trouvé à changer les valeurs jadis laïcisantes de l’État.

Par ailleurs, les PPP cachent aussi une certaine haine des syndicats et une philosophie li­bérale plutôt doctrinaire. Est-il vraiment honnête de décla­rer, comme Monique Jérôme-Forget l’a fait en 2003 qu’ « à force de vouloir s’occuper de tout, l’État québécois n’arrive pas à bien s’occuper de quoi que ce soit » ? Si la moderni­sation de l’État n’a comme seul but une meilleure gestion des deniers publics, pourquoi a-t-il été nécessaire d’imposer le bâillon à l’Assemblée nationale pour procéder avec ce projet de réingénérie ?

Main basse sur l’État : Les partenariats public-privé au Québec et en Amérique du Nord sous la direction de Dorval Brunelle, dans la collections « Points Chauds » chez Fides, 2005.

 

 

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