Voilà un livre qui arrive à point ! En effet, les partenariats public-privé, dont tout le monde parle, avaient grand besoin qu’on parle d’eux, avec sérénité, sans toujours succomber aux blagues un peu facile que nous permet son acronyme : PPP.
Le sujet est évidemment très large et il serait injuste de reprocher aux auteurs de ce collectif d’avoir oublier certains exemples (comme le Brésil de Lula) dans le traitement de ce qui est bien plus qu’un slogan. Les PPP, c’est avant tout une philosophie de gestion qui postule que les fonctionnaires ne cherchent qu’à augmenter leur budget et que trop de ressources sont gaspillées à simplement s’assurer du respect des règles plus ou moins sévères de l’appareil bureaucratique.
Les PPP auraient comme objectif premier d’améliorer l’efficience de la fonction gouvernementale. En soit, ce but est difficilement contestable, le problème est qu’il peut s’avérer un écran de fumée dissimulant des visées clientélistes moins recommandables. A ce chapitre, les PPP que Georges Bush a instaurés, en matière de programmes sociaux (réhabilitation de détenus, réinsertion au marché du travail), lui a permis de dorloter sa base électorale plus conservatrice. En acheminant l’argent des programmes sociaux à des organisations religieuses, Bush a récompensé ses fidèles électeurs mais s’est aussi trouvé à changer les valeurs jadis laïcisantes de l’État.
Par ailleurs, les PPP cachent aussi une certaine haine des syndicats et une philosophie libérale plutôt doctrinaire. Est-il vraiment honnête de déclarer, comme Monique Jérôme-Forget l’a fait en 2003 qu’ « à force de vouloir s’occuper de tout, l’État québécois n’arrive pas à bien s’occuper de quoi que ce soit » ? Si la modernisation de l’État n’a comme seul but une meilleure gestion des deniers publics, pourquoi a-t-il été nécessaire d’imposer le bâillon à l’Assemblée nationale pour procéder avec ce projet de réingénérie ?
Main basse sur l’État : Les partenariats public-privé au Québec et en Amérique du Nord sous la direction de Dorval Brunelle, dans la collections « Points Chauds » chez Fides, 2005.




