NDE ET OCTANE au bar Le Magog

1 septembre 2006

Jazz poétique et exploration guitaristique

Le 14 septembre dernier, le bar Le Magog offrait l’opportunité de finir la soirée en compagnie de deux groupes de jazz actuel de la région, NDE et OCTANE. Le quartette NDE, lauréat du con­cours Jazz en rafale, assurait la première partie. Ce groupe va d’ailleurs enregistrer sous peu un premier album pour la prestigieuse étiquette québécoise Effendi. Après les avoir manqués le printemps dernier aux Beaux Dimanches, j’avais hâte d’entendre de quoi ils étaient capables.

Je dois avouer qu’il m’a fallu quelques minutes pour m’ac­climater à leur musique. Ma première impression du jeu du saxophoniste était que oui, il avait une belle technique, mais que le résultat était une certaine froideur. Bref, du jazz cérébral souffrant de carence émotion­nelle ! Heureusement qu’un peu plus tard, il a su exprimer la chaleur qui lui faisait défaut au départ. Et justement, les très beaux solos du pianiste, qui jouait délicatement un mini­mum de notes avec beaucoup de poésie, l’aidait en ce sens. D’ailleurs, l’écoute mutuelle des musiciens était palpable. Loin d’être confiné à un rôle de métronome, le turbulent bat­teur en avait plein les bras, frappait sans relâche des ryth­mes multiples tout en utilisant beaucoup les cymbales ; c’était un plaisir de l’entendre. Quand au contrebassiste, il offrait un solide accompagnement avec de belles lignes dans ses solos.

De NDE, j’ai particulièrement apprécié la douceur des tempos lents et la poésie qui s’en déga­geait. Leur musique nous a of­fert quelques belles surprises dans ses brusques variations de tempo, notamment dans la der­nière pièce qui terminait leur prestation. Ces musiciens nous ont fait entendre de belles compositions équilibrées, par­tagées entre la fougue et la sé­rénité.

Octane ou le jazz-rock

Le groupe principal OCTANE a débuté à l’heure où j’avais en­vie de me changer en citrouille… car minuit approchait et j’avoue m’être déplacé surtout pour NDE.

OCTANE est composé de quatre membres (guitare, basse élec­trique, sax, batterie) qui font une sorte de « jazz-rock cos­mique ». Avec son jeu tortueux et beaucoup d’effets d’écho, le guitariste tisse la trame d’une musique très éclatée, un peu confuse. Pas de doute, il maî­trise son instrument. Mais dans toute cette énergie débri­dée, il est parfois difficile d’en­tendre le saxophoniste lorsqu’il joue à l’unisson avec le guita­riste.

Ces longues pièces expéri­mentales composent un uni­vers assez abstrait qui ne m’a convaincu qu’à moitié. Dans le style, c’est intéressant mais encore faut-il apprécier plei­nement le jazz fusion. J’ai écouté la première demi-heure, et j’ai quitté au moment où débutait une pièce au rythme funk. Le contraste entre les deux formations était pour le moins saisissant. D’un côté, OCTANE et sa déconstruction musicale éclatée, de l’autre, NDE avec les formes plus équilibrées propres au quartette de jazz classique. Deux écoles de jazz étaient ainsi représentées, l’une plus accessible à mes oreilles que l’autre…

 

 

 

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