Orford : « aujourd’hui, devant nous, nos héritiers se font voler. »

1 Décembre 2006
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Je me souviens

En 1938, des citoyens et des citoyennes sont réunis autour du Dr Bowen, un médecin de famille, et du notaire Giroux ; ils ont amassé des milliers de dollars, une somme colossale pour l’époque, en pleine crise économique ; ils ont convaincu les Chambres de commerce et les municipalités de contribuer à la cause ; ils ont demandé au gouvernement du Québec de constituer un Parc national ; ils ont voulu conserver à jamais cette montagne excep­tionnelle, ses arbres, ses ruisseaux, sa faune et sa flore ; ils ont fait confiance.

Des dommages environnementaux irréparables

Des centaines d’arbres matures coupés pour laisser place à 750 condos, des stationnements et des commerces à l’intérieur du Parc ; un prélèvement massif d’eau dans une nappe phréatique déjà sol­licitée au maximum ; une menace pour le ruisseau Castle et la rivière aux Cerises qui se jettent dans le lac Memphrémagog, entraînant des sédiments et une menace additionnelle à la pollu­tion du lac.

Une odeur de scandale

Un projet immobilier susceptible de rapporter des dizaines de mil­lions à des promoteurs privés ; une vente à rabais prévisible pou­vant faire perdre jusqu’à 20 millions aux Québécoises et Québé­cois ; une justification de vente du Mont-Orford à partir de pertes passées du Centre de ski non démontrées ; un manque flagrant de transparence de la part du gouvernement.

L’indignation du peuple

Dès l’annonce de la vente, un sondage montre que près de 80 % de la population du Québec s’oppose au projet ; le Québec entier se mobilise ; une coalition citoyenne, SOS Parc Orford, se forme spontanément, représentant toutes les tendances ; des milliers de lettres sont envoyées aux journaux, aux députés ; 150 organismes appuient spontanément la coalition ; plus de 80 000 personnes signent une pétition remise à l’Assemblée nationale ; un site web, relie plus de 40 000 personnes autour de cette cause ; 20 conférences de presse sont organisées en moins de six mois ; trois manifestations populaires à Orford, à Montréal et à Québec, rassemblent plus de 15 000 personnes.

Il n’est pas trop tard !

Monsieur le premier ministre Charest, nous vous le demandons, soyez sensible à cet appel ; des artistes, des politiciens, des milliers de citoyens vous le demandent ; nous voulons conserver le Mont-Orford dans le Parc national ; nous voulons préserver et dévelop­per notre réseau de parcs nationaux, qui appartiennent à tous les citoyennes et citoyens du Québec ; nous voulons faire beaucoup plus, pour léguer aux générations futures une nature encore plus belle que celle que nous ont léguée nos ancêtres ; entendez-nous !

Une confiance trahie

Le 6 mars 2006, cette confiance a été brisée ; le Gouvernement du Québec, par son ministre Béchard, annonce un projet de loi pour mettre en vente le Mont-Orford et une partie du parc national ; adoption en juin de la Loi 23, sous bâillon, afin de rendre légal ce qui était illégal ; une vente à des intérêts privés pour permettre la construction de centaines de condos ; une vente qui va autori­ser le déboisement pour faire place à des milliers d’espaces de stationnement.

Faites circuler !

Richard Séguin offre officiellement la chanson Nos héritiers, écrite par Rachel Lussier, à la Coalition SOS Parc Orford dont il fait partie.
La chanson en format mp3 est disponible pour diffusion libre. Le clip est aussi disponible sur YouTube.com

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Nos héritiers

La montagne est triste
blessée en son flanc
il faut qu’elle résiste
aux blessures de ce temps
on se moque ouvertement
des porteurs d’avenir
on se moque ouvertement
des empêcheurs de tuer en rond
car aujourd’hui devant nous
nos héritiers se font voler
aujourd’hui devant nous
nos héritiers se font voler
les sources
à l’ombre de l’Orford
aimées par le poète
les sources qui coulent
sur sa couche appartiennent
à ceux qui viendront
et vous de mes cantons
et vous de tout l’pays à vivre
la fraude que voilà
n’a rien de régional
car aujourd’hui devant nous
nos héritiers se font voler
aujourd’hui devant nous
nos héritiers se font voler
on se moque ouvertement
des porteurs d’avenir
et je crois, que le temps presse
et je crois, que le temps presse
car aujourd’hui devant nous
nos héritiers se font voler
aujourd’hui devant nous
nos héritiers se font voler

Source : Coalition SOS Parc Orford

 

 

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