Origine de quelques expressions

1 janvier 2006
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Avoir des yeux de lynx – Contrairement à ce qu’on pourrait croire, le félin mis en lumière ici n’est en rien un animal réputé pour avoir une vue particulièrement bonne.

En fait; l’expression vient de l’origine même du terme « lynx », qui est étroitement mêlé à l’histoire de l’Argonaute Lyncée, qui pouvait voir au-delà des murailles.

Pour la petite histoire, les ar­gonautes étaient les 56 hom­mes qui composaient l’équi­page de l’Argo, bateau qui con­duisait Jason dans sa quête de la Toison d’Or. La plupart de ces héros était doté d’un don particulier, Lyncée ayant donc une vue supra normale.

Il est néanmoins intéressant de noter que le lynx, dans cer­taines traditions indiennes, est associé aux arts divinatoires et de clairvoyance. L’image d’une vue particulière est donc pré­sente aussi, d’une toute autre manière, dans ce « gros chat ».

Ne pas y aller par quatre chemins – L’expression date de 1656. Certains parlent du destin, et le représentent sous la forme d’une croisée de che­mins : quoi qu’il arrive et quel que soit celui qu’on décide de prendre, on parviendra au même résultat ; simplement, si on ne choisit pas le « bon » chemin, le chemin le plus di­rect, on perdra du temps et de l’énergie. C’est cette idée que véhicule l’expression. Les qua­tre chemins étant ceux qui for­ment la croisée. Peut-être en lien avec les quatre points car­dinaux ? L’expression est sou­vent employée pour qualifier une personne qui a pu cho­quer par sa franchise, jugée peu diplomatique. Mais, si elle traduit un certain désaccord, celui-ci porte uniquement sur la manière de « faire », mais pas sur ce qui a été dit.

Avoir l’estomac dans les talons – À l’origine, l’expression argotique date de 1898 : « Avoir l’estom dans les gadins » (gadin signifiant soulier). Si on étudie l’expression d’un point de vue physiologique, sa signi­fication peut être liée à l’im­pression que, lorsqu’on a faim, notre estomac devient le centre de notre attention, annihilant toute autre sensation et sem­blant remplacer toute la partie inférieure de notre corps. Mais cette explication, proposée par messieurs Rey et Chantreau, qui se fonde sur un rapproche­ment implicite avec marcher sur son estomac ne convainc pas les auteurs eux-mêmes…

Les talons ont beau ne pas être une ,partie du corps particu­lièrement mise en lumière, la mythologie grecque ne s’est pas trompée sur leur grande impor­tance pour notre équilibre… comme le démontre l’expression « Avoir un talon D’Achille »…

Source : Nouveau regard, le journal des membres de l’APHVE, janvier 2006

 

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