Que ce soit sous l’Empire romain, les croisades chrétiennes, les Empires coloniaux, la deuxième guerre mondiale ou l’exode juif, la Palestine a toujours été déchirée et ce, pour de multiples raisons. Religion, ethnie, géographie stratégique ou richesses naturelles n’en sont que les principales.
Mais jamais son déséquilibre ne fut-il aussi prononcé que depuis 1932. Chassés d’Europe par la poussée nazie, les Juifs vinrent occuper la Palestine, terre qu’ils considèrent historiquement comme leur ayant été accordée par Dieu. Ils en chassèrent les habitants arabes que l’on désigne depuis comme « Palestiniens ».
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POPULATION EN PALESTINE |
JUIFS |
ARABES |
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1885 : |
25,000 |
700,000 |
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1921 : |
80,000 |
820,000 |
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1947 : |
500,000 |
409,000 |
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1980 : |
3,100,000 |
590,000 |
La Ligue des pays arabes acceptait mal de se voir ainsi imposer un nouveau voisin dont la gourmandise géographique semblait sans fin. En 1948, elle entra en guerre contre les Juifs, mais dut abandonner rapidement devant la détermination de ses adversaires et le peu d’enthousiasme et de coordination de ses propres forces. Par cette victoire, l’État d’Israël se voyait confirmé internationalement. Le monde entier se lavait ainsi les mains d’avoir permis l’extermination de 6 000 000 de juifs durant les années précédentes. C’était un cadeau dont les Arabes, qui ne s’estimaient nullement responsables des atrocités commises en Europe, durent tout de même faire les frais.
Le peuple palestinien, chassé de ses terres, ignoré des organisations mondiales, tombe vite dans l’oubli de l’opinion mondiale. Obligés de vivre sous la tente des camps de réfugiés, ils durent attendre jusqu’au début des années 60 pour voir naître un mouvement de résistance. L’Organisation pour la libération de la Palestine (OLP) en sera un des principaux porte-parole et ce sera par des actes de guérilla terroriste contre Israël et ses alliés (USA surtout) qu’ils exprimeront leurs revendications.
Aux attaques de l’OLP, les Israélites répliquèrent par des contre-attaques dont furent victimes les populations des pays hôtes des Palestiniens. Leur présence dans ces mêmes pays entraîna un déséquilibre politique et démographique qui eut des répercussions dans tout le Moyen-Orient. Alors que la Syrie leur accorde un appui inconditionnel, en 1970, la Jordanie leur fit la guerre et les chassa hors de ses frontières. En 1974, le Liban entre en guerre civile, conflit qui n’a toujours pas trouvé de conclusion.
1982 : Israël envahit le Liban, chassa les fédayins (combattants palestiniens) et livra leurs familles à la vengeance des phalangistes « chrétiens » qui massacrèrent plus de 800 personnes âgées, femmes et enfants.
Peuple sans pays, dont 37.5 % de la population vit encore dans des camps de réfugiés, les Palestiniens attendent toujours une solution qui ne vient pas. Leur impatience semble vouloir se traduire par des gestes de désespoir tels ces récents attentats suicides contre les aéroports de Rome et de Vienne.
Combien faudra-t-il d’innocentes victimes pour qu’enfin les parties concernées négocient une entente équitable ? Les enjeux sont multiples et personne ne veut céder, personne ne veut perdre. Alors : où la prochaine voiture piégée devra-t-elle exploser ? Chez nous ? Puisque la solution ne semble pas pouvoir se trouver sur les lieux même du conflit, peut-être la violence devra-t-elle être exportée…



