PALESTINE : TERRE CONVOITÉE

15 février 1986

Que ce soit sous l’Empire romain, les croisades chrétiennes, les Empires coloniaux, la deuxième guerre mondiale ou l’exode juif, la Pa­lestine a toujours été déchirée et ce, pour de multiples raisons. Re­ligion, ethnie, géographie straté­gique ou richesses naturelles n’en sont que les principales.

Mais jamais son déséquilibre ne fut-il aussi prononcé que de­puis 1932. Chassés d’Europe par la poussée nazie, les Juifs vinrent occuper la Palestine, terre qu’ils considèrent historiquement comme leur ayant été accordée par Dieu. Ils en chassèrent les habitants arabes que l’on désigne depuis comme « Palestiniens ».

POPULATION EN PALESTINE

JUIFS

ARABES

1885 :

25,000

700,000

1921 :

80,000

820,000

1947 :

500,000

409,000

1980 :

3,100,000

590,000

 

La Ligue des pays arabes ac­ceptait mal de se voir ainsi impo­ser un nouveau voisin dont la gourmandise géographique sem­blait sans fin. En 1948, elle entra en guerre contre les Juifs, mais dut abandonner rapidement de­vant la détermination de ses ad­versaires et le peu d’enthou­siasme et de coordination de ses propres forces. Par cette victoire, l’État d’Israël se voyait confirmé internationalement. Le monde entier se lavait ainsi les mains d’avoir permis l’extermination de 6 000 000 de juifs durant les années précédentes. C’était un cadeau dont les Arabes, qui ne s’estimaient nullement respon­sables des atrocités commises en Europe, durent tout de même faire les frais.

Le peuple palestinien, chassé de ses terres, ignoré des organisa­tions mondiales, tombe vite dans l’oubli de l’opinion mondiale. Obligés de vivre sous la tente des camps de réfugiés, ils durent at­tendre jusqu’au début des années 60 pour voir naître un mouve­ment de résistance. L’Organisa­tion pour la libération de la Pales­tine (OLP) en sera un des princi­paux porte-parole et ce sera par des actes de guérilla terroriste contre Israël et ses alliés (USA surtout) qu’ils exprimeront leurs revendications.

Aux attaques de l’OLP, les Israélites répliquèrent par des contre-attaques dont furent vic­times les populations des pays hôtes des Palestiniens. Leur pré­sence dans ces mêmes pays en­traîna un déséquilibre politique et démographique qui eut des réper­cussions dans tout le Moyen-Orient. Alors que la Syrie leur accorde un appui inconditionnel, en 1970, la Jordanie leur fit la guerre et les chassa hors de ses frontières. En 1974, le Liban entre en guerre civile, conflit qui n’a toujours pas trouvé de conclusion.

1982 : Israël envahit le Liban, chassa les fédayins (combattants palestiniens) et livra leurs fa­milles à la vengeance des phalan­gistes « chrétiens » qui massacrè­rent plus de 800 personnes âgées, femmes et enfants.

Peuple sans pays, dont 37.5 % de la population vit encore dans des camps de réfugiés, les Pales­tiniens attendent toujours une so­lution qui ne vient pas. Leur im­patience semble vouloir se tra­duire par des gestes de désespoir tels ces récents attentats suicides contre les aéroports de Rome et de Vienne.

Combien faudra-t-il d’inno­centes victimes pour qu’enfin les parties concernées négocient une entente équitable ? Les enjeux sont multiples et personne ne veut céder, personne ne veut perdre. Alors : où la prochaine voiture piégée devra-t-elle explo­ser ? Chez nous ? Puisque la solu­tion ne semble pas pouvoir se trouver sur les lieux même du conflit, peut-être la violence de­vra-t-elle être exportée…

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