Jobs et mondialisation
Voilà quelques semaines déjà, les médias nous rapportaient l’annonce de la fermeture de C.S Brooks (ancienne Dominion Textile) sur la rue Pacifique à Sherbrooke. Cette fermeture s’additionnait à d’autres fermetures importantes annoncées depuis quelques mois dont l’usine G.E. à Trois-Rivières, une fonderie à Chandler, etc.
Rentable rien à voir
Ce qui crée davantage frustration et colère, tant chez les personnes travaillant dans ces usines que chez plusieurs décideurs publics, c’est le fait que certaines de ces usines sont rentables… Alors, pourquoi les fermer ? ? ? L’exemple de la C.S. Brooks est révélateur à cet égard : l’usine ferme à cause d’un mauvais investissement de cette entreprise en Australie qui l’oblige à trouver du « cash flow » (de l’argent liquide) très rapidement et non parce que l’usine sherbrookoise est déficitaire… Voilà un exemple frappant de ce que l’on nomme généralement la mondialisation des marchés (bref, du capitalisme).
En ce qui concerne les personnes travaillant à ces usines, elles figurent seulement comme des pions utilisés dans l’immense jeu mondial des multinationales : il faut bien sacrifier quelques jobs sur l’hôtel du libre marché…
Bien entendu, les démarches entreprises par des cadres de la C. S. Brooks et certains décideurs économiques ne peuvent qu’être vues comme une initiative intéressante. Par contre, voilà que l’on demande aux employé-e-s une baisse de salaire de 1 $ l’heure ! ! ! Pour un secteur d’activité où les salaires sont en dessous de la moyenne industrielle, c’est beaucoup demander. Plusieurs diront « oui, mais c’est mieux que de se retrouver au chômage et à l’aide sociale ». Voilà le jeu du capitalisme : gruger dans les maigres gains obtenus de haute lutte par la peur d’être mis à pied et de se retrouver sur l’aide sociale… Et au diable la dignité des travailleurs et travailleuses !
Lois manquantes, employé-e-s…
Il est grand temps de faire pression sur nos politiciens pour l’obtention de lois obligeant les employeurs à traiter correctement leurs employé-e-s, particulièrement lors de mises à pied massives ou de fermetures d’usines. En Europe, la plupart des pays possèdent des lois en ce sens : compensation obligatoire selon l’ancienneté, délais obligatoire pour les fermetures d’usines, etc. À quand de telles lois an Québec ? ? ?
De plus, le propriétaire de C.S. Brooks songeait à ne pas vendre son usine de Sherbrooke. Dans cette situation, il faudrait exiger du gouvernement qu’il confisque cette usine et la redonne aux employé-e-s. Bien sûr, une telle perspective n’est pas à la mode et va à contre-courant du discours idéologique et économique actuel. Puis après ? Cette perspective remet à l’ordre du jour la nécessité de s’approprier nos ressources pour les mettre au service de l’être humain et non au service des profits à tout prix. Si certains patrons, comme M. Brooks, se fichent de leurs employé-e-s (qui leur ont pourtant permis de s’enrichir), pourquoi prendrions-nous des gants blancs avec ceux-ci ? ? ?
Pour que cesse l’exploitation et le mépris envers tous les travailleurs et toutes les travailleuses, développons davantage de solidarité entre nous.
Bon 1er mai ! ! !




