CHÔMAGE
Il y a deux ans, le Comité des mères brimées de leurs congés de maternité et parental fêtait sa victoire contre une injustice de la Loi de l’assurance-emploi. À ce moment, nous accueillions fièrement la mise en place d’un projet pilote qui levait, pour trois ans, le mauvais sort réservé à bon nombre de femmes ayant dû avoir recours au retrait préventif durant leur grossesse. Toutefois, que se passera-t-il en septembre 2005, à la fin du sursis de trois ans ? ? ?
Un laboratoire d’essai peu coûteux
Lors de l’annonce de la mise en application de ce projet pilote en septembre 2002, le ministère du Développement des Ressources Humaines Canada (DRHC) avouait chercher la meilleure façon (et la moins coûteuse) de régler la problématique vécue spécifiquement par les femmes du Québec. Le communiqué officiel de la ministre de l’époque, Jane Stewart, précisait que les deux premières années du projet serviraient de laboratoire d’essai. Donc, les hauts fonctionnaires devraient, au cours des prochains mois, analyser les résultats des deux premières années et recommander au ministère quelles modifications apporter à la Loi afin de résoudre définitivement cette question.
Depuis cette promesse, la ministre a été remplacée et le ministère a été scindé en deux. Joseph Volpe est maintenant responsable de l’assurance-emploi en tant que ministre des Ressources humaines et du Développement des compétences. Aura-t-il la volonté de régler une fois pour toute cette faille de la Loi ou se dira-t-il que l’opération « Make-up » de Mme Stewart a sûrement éteint le brasier de militantes préoccupées par cette question ? Sa biographie nous laisse entrevoir les deux côtés de sa médaille. En effet, d’une part, on peut croire qu’un ex-directeur d’école sera touché par le fait que la majorité des victimes de cette faille soient des enseignantes et autres travailleuses du milieu scolaire et des garderies. D’autre part, un ministre ontarien aura peut-être peu d’intérêt à régler une problématique qui ne touche nullement les femmes de sa propre province où il n’existe aucun régime publique de retrait préventif.
Serons-nous obligés de reprendre la lutte ?
Le Mouvement des Chômeurs et Chômeuses de l’Estrie (MCCE) qui a coordonné cette lutte victorieuse en 2001 et 2002 sera très vigilant au cours de la prochaine année afin de s’assurer que les promesses gouvernementales soient respectées. Déjà, nous avons acheminé une demande de renseignement sur les résultats des deux années « laboratoire » et sur l’échéancier du ministère sur cette question. Nous attendons sa réponse avec impatience. Si nécessaire, nous n’hésiterons pas à reprendre la lutte et à relancer la machine à pressions populaires composée de plus de 130 organismes communautaires, syndicaux et politiques qui avaient donné leur soutien à cette modification de la Loi de l’assurance-emploi.
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Solidaires jusqu’à la victoire ! ! !



