Rien ne va plus ! ! !

1 juin 2003

Garderies à 5 $

À peine un mois après son arrivée au pouvoir, le Parti libéral du Québec (PLQ) n’y va pas avec le dos de la cuillère. Gels budgétaires pour les ministères, abolitions, compressions et congédiements. Bref sous prétexte d’une impasse budgétaire (trou hypothétique de quatre milliards dans le budget du Parti québécois) relevée par l’ancien vérificateur général du Qué­bec, Guy Breton, le réseau des centres de la petite enfance (CPE) semble être touché par une nouvelle administration (néo)libéra le.L’ adoption du budget provincial d’ici quelques semaines nous en dira plus long.

Promesse électorale… quelle promesse ?

En Estrie, 52 CPE offrent actuellement 6 900 places par rap­port à 2 500 en 1997. Présentement, 400 places sont en déve­loppement dont 230 en garderie et 170 en milieu familial. Il reste 700 places à développer en milieu familial. Mais avec les compressions de 300 à 500 millions que semble exiger le Conseil du trésor pour le ministère de l’Emploi, de la Solidarité sociale et de la Famille (MESSF), plusieurs craignent que cette décision ne mette en péril le réseau de garderie sans but lu­cratif géré par les parents. Ces compressions risquent de frei­ner le développement de nouvelles places et d’abolir l’univer­salité à 5 $.

Sous l’ancien gouvernement péquiste, le budget Marois avait prévu une augmentation de 200 millions devant servir à attein­dre un objectif de 200 000 places d’ici 2005-2006. Durant la campagne électorale, le Parti libéral s’était engagé à mainte­nir le système des services de garde à 5 $. Le MESSF est le troisième ministère en importance après ceux de la Santé et de l’Éducation. Le Premier ministre du Québec et député du comté de Sherbrooke, monsieur Jean Charest, n’a pas cessé de répéter durant cette campagne qu’on ne peut pas « calcu­ler » lorsqu’on parle de l’éducation des enfants…

Des compressions avant… des baisses d’impôts après

Cet exercice de compressions budgétaires s’inscrit dans une politique globale de « réingénérie » de l’État : la réduction des services publics pour assurer une baisse d’impôts de cinq mil­liards sur une période de cinq ans à partir de 2004. C’est une promesse électorale qui semble mieux tenir le coup que d’autres… La déconstruction de l’État s’observe déjà : report de la réforme du secondaire, silence sur le plan d’action vi­sant à lutter contre la pauvreté, gels des projets d’investisse­ments, report du règlement sur le dossier de l’équité salariale à l’automne prochain, abolition de l’Observatoire québécois de la mondialisation, etc.

ENTRÉE LIBRE s’inscrit contre cette politique qui remet en question le rôle de l’État et, qu’à peine élu, s’en prend à un ministère à caractère si hautement social. Soulignons au pas­sage que lorsque les garderies à 5 $ ont été établies, certains analystes avaient indiqué qu’il en coûterait plus cher aux per­sonnes à bas revenus que le système précédent. Une vérita­ble politique travail-famille doit être équitable pour l’ensemble des familles et ne pas être établie en fonction de leurs reve­nus. Qui va s’occuper de toute cette nouvelle paperasse ? Les CPE ? La ministre déléguée à la Famille, Carole Théberge, vient d’annoncer que dès septembre, 3 000 enfants auront droit à une place en garderie privée. Elle vient de mettre la hache dans le développement du réseau des CPE. Malheureusement, encore une fois, on constate que la mise en place d’un réseau de garderies public, universel et gratuit n’est pas pour demain. Les grands perdants dans tout ce débat sont encore les per­sonnes démunies de la société québécoise qui ont besoin d’un tel réseau.

 

 

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