Crise manufacturière
Depuis cinq ans, une crise aiguë sévit dans les secteurs manufacturier et forestier en Estrie. Cela survient dans un contexte où les usines ferment leurs portes. Les pertes d’emplois massives qui ont eu lieu nous indiquent, aujourd’hui, un problème quant à la place du secteur manufacturier à l’intérieur de notre économie régionale. Ce ralentissement démontre l’importance pour l’industrie d’être compétitive au niveau mondial. Pour combler les pertes d’emploi et relever ces secteurs, une analyse précise de la situation serait nécessaire. Pour l’instant, certains semblent mieux répondre aux changements, mais il y a loin de la coupe aux lèvres.
Au Québec, depuis 2003, 14 800 emplois ont été supprimés dans le secteur secondaire, En Estrie, où près de 30 % des emplois se situent dans le secteur manufacturier, les pertes se chiffrent à 11,8 %, soit plus de 3200 emplois perdus depuis 2006. Deux facteurs ont fait mal en région : la hausse du dollar et les déménagements d’entreprises. À Sherbrooke, le secteur des textiles a été particulièrement touché. La facterie de coton de Clémence est bel et bien disparue de la rue Pacifique.
Un poids, deux mesures
Selon Henri Massé de la FTQ l’économie canadienne est double ; celle de l’Ouest, qui vient fausser la hausse du huard grâce à sa production de pétrole et celle du centre, Ontario et Québec, qui est au ralentie. Gilles Lecours., d’Emploi-Québec, explique que l’exemple désastreux de la fermeture prévisible de Solectron, comme de bien d’autres ici, démontre l’importance d’investir dans la recherche et le développement pour rester dans la compétition. Des 3200 emplois qui se sont créés en Estrie, la majorité se trouve reliée au secteur des services et entre 20 et 27 %, sont à temps partiel. Cela se traduit par une baisse des salaires pour une partie de ces ex-travailleurs et ex-travailleuses.
Pour remédier à la crise, les manufactures de l’Estrie ont besoin que des changements aux lois et politiques commerciales soient apportés. Michel Arsenault de la FTQ rappelle qu’il y a quelques années, dans le domaine de la sidérurgie, « on a déjà soutenu les travailleuses et les travailleurs avec des mesures qui allaient du soutien au revenu au programme de pré-retraite pour les travailleurs âgés, au renouvellement de la technologie, à la formation et à la réorientation de carrière pour les plus jeunes par le biais des fonds de l’assurance-emploi ». On constate qu’aucune aide n’a été mise en place, et dans son budget, le gouvernement conservateur de Stephen Harper n’a rien annoncé pour le secteur manufacturier du centre du Canada.

Préparer l’avenir, est-ce trop demande ?
Pourtant, avec l’arrivée des technologies biomédicales, des nouveaux matériaux minéraux et du développement des matériaux et machines de transport, le secteur industriel se transforme rapidement. Le gouvernement fédéral n’a-t’il pas le devoir de contribuer de façon équitable au maintien et au développement d’un secteur qui bat de l’aile ? Comme pour les entreprises du pétrole dans l’Ouest, des mesures devraient être établies pour diminuer le coût des investissements et favoriser la modernisation des usines. Cela permettrait aux entreprises de mieux affronter la concurrence au niveau international.« C’est quand ils sont au travail qu’on doit qualifier les employés afin qu’ils puissent occuper les emplois qui seront disponibles selon l’évolution du marché du travail et non attendre qu’ils aient perdus leur emploi », lance Marc Bellemare de la FTQ Sûrement qu’ainsi, plein de drames humains auraient pu être évités !




