La violence sexuelle et ses conséquences
En réponse à la création de deux groupes d’opposition armés en février et avril 2003, le gouvernement du Soudan a donné carte blanche à des milices nomades pour attaquer les-villages de groupes ethniques sédentaires du Darfour (Soudan occidental). Les attaquants tuent les hommes, violent les femmes et déplacent les villageois de force. Ils brûlent également les maisons et pillent ou volent les cultures et le bétail, qui sont les principales ressources des communautés visées. Les forces gouvernementales soutiennent la milice janjawid, dont les membres portent désormais presque tous des uniformes de l’armée, et les accompagnent dans leurs raids. Ces attaques ont provoqué le déplacement d’au moins 1,2 million de personnes. On compte par ailleurs au moins un million de personnes déplacées à l’intérieur de leur pays. Ces dernières ont été contraintes de se rapprocher des villes ou des grands villages du Darfour. Des milliers de femmes ont été violées, quelque 30 000 personnes ont été tuées et plus de 170 000 autres ont cherché refuge au Tchad. En mai 2004, une délégation d’Amnistie Internationale est retournée au Tchad afin d’obtenir des informations complémentaires sur les violences perpétrées contre des femmes dans le Darfour. L’organisation a recueilli un très grand nombre de témoignages et recensé les noms de 250 femmes violées lors du conflit qui déchire cette région.
Ces témoignages, ainsi que les rapports émanant des Nations unies, de journalistes indépendants et d’organisations non gouvernementales, montrent sans conteste que les viols et les autres formes de violence sexuelle sont très répandus dans le Darfour.
Des armes de guerre
Ces actes ne sont pas une simple conséquence du conflit ou de l’indiscipline des troupes. Les informations recueillies par Amnistie Internationale indiquent que, dans le Darfour, le viol et les autres violences sexuelles sont de véritables armes de guerre utilisées pour humilier, punir, contrôler, terroriser et déplacer les femmes et leurs communautés. De tels agissements constituent de graves violations du droit international humanitaire et relatif aux droits humains, voire des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.
Le présent rapport analyse également les conséquences immédiates et à long terme de ces viols pour les femmes qui en sont victimes. Ces conséquences vont bien au-delà de la. violence physique. Elles englobent également l’opprobre et l’ostracisme, qui entraînent à leur tour de graves et persistantes répercussions sociales, économiques, médicales et psychologiques.
Pour communiquer :
Amnistie Internationale
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Téléphone : (514) 766-9766
1-800 565-9766
À Sherbrooke, vous pouvez contacter la responsable du groupe 29 Denise Gagné, au 346-3878.



