Soudan – Darfour : le viol comme arme de guerre

1 août 2004

La violence sexuelle et ses conséquences

En réponse à la création de deux groupes d’opposition armés en février et avril 2003, le gouver­nement du Soudan a donné carte blanche à des milices nomades pour attaquer les-vil­lages de groupes ethniques sédentaires du Darfour (Sou­dan occidental). Les attaquants tuent les hommes, violent les femmes et déplacent les villa­geois de force. Ils brûlent également les maisons et pillent ou volent les cultures et le bétail, qui sont les principales ressources des communautés visées. Les forces gouverne­mentales soutiennent la milice janjawid, dont les membres portent désormais presque tous des uniformes de l’armée, et les accompagnent dans leurs raids. Ces attaques ont provo­qué le déplacement d’au moins 1,2 million de person­nes. On compte par ailleurs au moins un million de person­nes déplacées à l’intérieur de leur pays. Ces dernières ont été contraintes de se rappro­cher des villes ou des grands villages du Darfour. Des mil­liers de femmes ont été violées, quelque 30 000 personnes ont été tuées et plus de 170 000 autres ont cherché refuge au Tchad. En mai 2004, une délégation d’Amnistie In­ternationale est retournée au Tchad afin d’obtenir des informations complémentai­res sur les violences perpétrées contre des femmes dans le Darfour. L’organisation a re­cueilli un très grand nombre de témoignages et recensé les noms de 250 femmes violées lors du conflit qui déchire cette région.

Ces témoignages, ainsi que les rapports émanant des Nations unies, de journalistes indépen­dants et d’organisations non gouvernementales, montrent sans conteste que les viols et les autres formes de violence sexuelle sont très répandus dans le Darfour.

Des armes de guerre

Ces actes ne sont pas une simple conséquence du conflit ou de l’indiscipline des troupes. Les informations recueillies par Amnistie Internationale indiquent que, dans le Darfour, le viol et les autres violences sexuelles sont de véritables armes de guerre utilisées pour humilier, punir, contrôler, ter­roriser et déplacer les femmes et leurs communautés. De tels agissements constituent de graves violations du droit inter­national humanitaire et relatif aux droits humains, voire des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.

Le présent rapport analyse également les conséquences immédiates et à long terme de ces viols pour les femmes qui en sont victimes. Ces consé­quences vont bien au-delà de la. violence physique. Elles englo­bent également l’opprobre et l’ostracisme, qui entraînent à leur tour de graves et persis­tantes répercussions sociales, économiques, médicales et psychologiques.

Pour communiquer :

Amnistie Internationale
6250, boulevard Monk
Montréal (Québec) H4E 3H7
Téléphone : (514) 766-9766
1-800 565-9766

À Sherbrooke, vous pouvez con­tacter la responsable du groupe 29 Denise Gagné, au 346-3878.

 

 

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