Le rapport Bédard, présidé par Claude Bédard et publié en mars 2005 par le Groupe de travail sur l’avenir de Télé-Québec, inquiète les promoteurs de la chaîne publique. Quatre mois après sa publication, son avenir demeure incertain. La non-proposition du Groupe de travail de rehausser le budget accordé à la chaîne pourrait s’avérer néfaste pour la centaine d’employés menacés de perdre leur emploi (parmi les 300 actuels). Le rapport révèle que la totalité de la production, avec un budget annuel de près de 60 millions de dollars, doit être confiée au privé afin d’en assurer une bonne gestion. De cette somme, le rapport propose que d’ici trois ans, 60 % soit consacré à la réalisation d’émissions, dont 20 % à des émissions régionales. Au cours des trois dernières années, seulement 45 % des dépenses annuelles d’exploitation a été relié à des dépenses directes de production d’émissions. Cette proposition a soulevé la grogne à l’Association des réalisateurs de Télé-Québec, qui craint pour sa privatisation. Cette chaîne publique n’est-elle pas déjà en partie privatisée, sachant que près de 90 % de sa programmation provient du privé ? Que la centaine d’employés liés à la production a effectué 179 heures de sous-traitance contre seulement 70 heures consacrées à la programmation régionale en 2003-2004, et ce, à même l’argent des contribuables ?
Que le public l’emporte
Il y a dix ans, la chaîne comptait presque autant d’employés permanents qu’aujourd’hui, pour une production 235 heures d’émissions par année. Fort de ce constat, le CRÉMI appuie la proposition du Groupe de travail de faire de la programmation régionale une priorité et d’y investir. Cela éviterait d’avoir davantage recours à la sous-traitance et à ses risques de salaires moindres. Le CRÉMI tient également à souligner l’importance de la double mission éducative et culturelle de la télévision publique, selon le rapport, semble demeurer un point de mire. En attendant les décisions de la ministre de la Culture et des Communications, Lyne Beauchamp, sur l’avenir de Télé-Québec, nous espérons que la revitalisation de la chaîne ne suivra pas la tendance actuelle du gouvernement néolibéral de Jean Charest, qui consiste à favoriser la privatisation de plusieurs institutions québécoises. Nous souhaitons, au contraire, que sa vocation publique sera préservée dans son sens propre : accessible à tous, innovatrice et au service des citoyens et citoyennes.
Sources : Le Devoir, mars et juillet 2005
La Tribune, 28 juin 2005
L’information sans prétention
Une nouvelle chaîne d’information internationale, la Independent World Television News (IWTNews), devrait apparaître sur nos écrans en décembre 2007. Le Canadien Paul Jay, avec d’autres collaborateurs, a lancé en juin dernier une campagne de financement via le site internet visant à amasser un minimum de 25 millions $ US. Une semaine après, 20 000 personnes l’avaient déjà parcouru. Selon Paul Jay, l’intérêt du public à investir de sa poche pour avoir accès à une chaîne indépendante de ses actionnaires et du gouvernement, est évident. L’équipe a déjà amassé 500 000 $, en partie grâce à des fondations. Le CRÉMI applaudit cette initiative qui –pourrait contrebalancer la désinformation répandue dans bien des conglomérats médiatiques. Néanmoins, il met en doute le réalisme du projet : comment assurer une programmation de qualité avec un budget annuel inférieur à 100 millions $ alors que celui de CNN, par exemple, frôle le demi-million. $ US ? On veut bien admettre que l’accès à l’information a un prix, mais la population est-elle prête à l’assumer, à court et moyen termes ? Ne paie-t-elle pas déjà pour des chaînes publiques ? Doit-on voir cette chaîne comme un autre moyen pour assurer la survie et l’intégrité de l’information ? Bien des réponses restent à venir !
Source : La Presse, 29 juin 2005



