Un bien essentiel ou nécessaire

1 août 2006
| Aucun auteur

La culture

Toujours en attente d’une plus grande valorisation, le milieu culturel de Sherbrooke reste insatisfait. Alors que ses besoins augmentent, les ressources semblent insuffisantes pour combler les exigences de cette évolution. Néanmoins, la présidente du Comité de la culture, Chantal L’Espérance, préconise au conseil municipal que « si la culture n’est pas perçue comme un bien essentiel, il faut au moins la considérer comme un bien nécessaire » .

Lorsque vient le temps de voter le budget annuel, C. L’Espérance rappelle que le développement économique est indissociable du développ­ement culturel. « Les touristes veulent revenir à cause des événements culturels. Il faut donc faire pression surie conseil pour aller chercher le plus pos­sible en culture » .

Un progrès insuffisant

Cette pression a servi à la vie culturelle qui a récolté plus de ressources d’année en année. Plus précisément, l’ensemble des ressources municipales et provinciales investies en culture, depuis les quinze dernières années, atteint un total de 20 M $. En 2003, par exemple, le Comité de la culture a réussi à obtenir 150 000 $, plus un investissement de 75 000 $ en 2005. Cependant, ces sommes n’ont pas été suffisantes pour combler le manque à gagner de 300 000 $ évalué en 2002, pour subvenir aux besoins culturels.

Aujourd’hui, la situation fin­ancière est aggravée par une pleine croissance des organ­ismes culturels. C. L’Espérance souligne : « Le manque de fonds disponibles pour sou­tenir les organismes culturels ralenti le processus de recon­naissance des nouveaux orga­nismes ». Ainsi, c’est un 2 % du budget 2006 qui a été con­sacré aux petits organismes culturels plutôt qu’aux musées.

Et les artistes ?

De son côté, la Ville de Sher­brooke préconise dans sa Politique culturelle que l’offre municipale en la matière est « solide et de qualité ». Toute­fois, elle reconnaît que l’activité culturelle repose « fort peu sur les talents locaux » et que « les artistes et les créateurs man­quent de soutien, ici comme ailleurs au Québec ».

Pour donner suite à ses remarques, le conseil municipal a mis sur pied, en 2005, un fonds de 24 000 $ dont 1000 $ provenant du mouve­ment des caisses populaires Desjardins, pour soutenir les artistes locaux. Cette année, il s’agit d’un fonds de 28 000 $ (dont 1500 $ de Desjardins) qui sera distribué en fonction des projets artistiques soumis par des individus ou des organismes culturels. La remise de ces bourses se fera le 14 septem­bre 2006.

De plus, C. L’Espérance men­tionne la mise sur pied, en 2004, d’un répertoire en ligne des artistes sherbrookois. Fruit d’une collaboration entre la Ville et le ministère de la Culture, ce bottin permet non seulement de réseauter les artistes d’ici, mais il devient une « vitrine importante pour augmenter l’offre de contrats aux artistes locaux ».

Dans le même principe que le bottin des artistes, la Ville de Sherbrooke effectue présentement le répertoire des organ­ismes culturels, qui devra être lancé soit fin 2006 ou début 2007.

Enfin, la construction du Centre de production des arts de la scène, Jean-Besré demeure à l’agenda. Alors que le relanc­ement des appels d’offres devrait débuter en début septembre, la décision finale sur cet investissement muni­cipal de 2,1 M $ est prévue au conseil pour la fin du mois. Reste à voir, à ce moment-là, si la culture sera considérée comme « un bien nécessaire » qui est cohérent avec le bien-être économique de la ville de Sherbrooke.

 

 

 

Partager :

facebook icontwitter iconfacebook icon