Plan d’urbanisme
Les principaux enjeux du plan d’urbanisme sont déjà connus de la plupart des lecteurs d’Entrée Libre : destruction de zones écologiques qui entourent la ville, philosophie des transports axée sur l’auto, agrandissement du power center du plateau Saint-Joseph, négligence des commerces de quartier et de l’achat local… Pour toutes ces raisons, la population est conviée à voter NON lors du référendum du 6 mai prochain portant sur le règlement de zonage (no. 327). Ce qui nous permettra de stopper, par le fait même, un plan d’urbanisme néfaste pour notre milieu !
Reste qu’il y a derrière tout cela une donnée plus fondamentale encore, celle de la démocratie citoyenne. Bien que très technique en apparence, le processus d’adoption du plan d’urbanisme est d’abord et avant tout une question politique. Le mot n’a pas bonne presse et rime souvent avec paroles en l’air et show médiatique… Mais prenons donc « le politique » pour ce qu’il doit être vraiment. C’est-à-dire le lien qui, idéalement (on tente d’y parvenir…), devrait exister entre le citoyen et les décisions prises qui l’affectent. Dit autrement : à quoi devraient ressembler les mécanismes de consultation et d’action dans l’espace public ? Une fois cette question posée, le plan d’urbanisme appelle une réflexion en trois volets. Ce sont l’accès à l’information, l’égalité entre citoyens et les possibilités de mobilisation.
Déficit démocratique
Comme on le sait, la circulation de l’information est l’une des garanties d’un fonctionnement démocratique en société. Or, les carences ont été fort nombreuses à ce chapitre, de la part de la ville de Sherbrooke. On a tenu des consultations de façade ; tout ce qui ne cadrait pas dans des orientations prédéterminées a été rejeté. L’étude de la firme Géocom a été tenue cachée par la ville, car ses résultats traduisaient bien les dangers de l’agrandissement du plateau Saint-Joseph. Et il serait bien trop long de citer toutes les belles professions de foi envers le développement durable, claironnées par nos décideurs pour être simultanément contredites par les projets contenus dans le plan d’urbanisme. Face à cet état de choses, il incombe donc aux opposants de faire circuler une information alternative et plus réaliste.
Tout ce dossier interpelle également l’égalité théorique dont devraient pouvoir se prévaloir les résidants de la ville, en tant que citoyens. Peu importe leur arrondissement. Pas besoin d’être devin pour se rendre compte que le quartier Nord bénéficie d’une attention toute particulière des autorités municipales, en tant que zone de développements domiciliaires de luxe et de commerces à grande surface… Par ailleurs, outre le mépris et les accusations visant les individus remettant le plan en question, la justice sociale voudrait que chaque Sherbrookois, peu importe son statut, sente que son milieu de vie est l’objet d’une volonté d’amélioration et/ou de protection. Bref, qu’il soit entendu comme résidant à part entière. Toutefois, bien des indices nous laissent croire que les promoteurs immobiliers ont plus facilement l’écoute de l’administration en place.
Le pouvoir collectif
Enfin, la signature du registre en janvier dernier en fait foi, le plan d’urbanisme pose un beau « problème » d’activisme et de mobilisation. La population a alors fort bien répondu à l’appel ! Cela démontre que les lieux de consultation et les lieux d’implication existent et qu’il ne tient qu’à nous, ensemble, de les occuper. Pas besoin, nécessairement, d’assister à toutes les séances du conseil de ville… Parler de la démarche autour de soi, faire suivre l’information à sa liste courrielle, le bouche à oreille… par toutes nos interactions au quotidien, nous disposons collectivement d’un pouvoir réel.
Le 6 mai, mettons ce pouvoir, cette vision alternative du politique, au service des générations futures, de l’environnement, de notre milieu de vie et de la démocratie citoyenne. Repensons la ville !



