Plus publicitaire que jamais!

1 juin 2005

Ville de Sherbrooke

Depuis quelques semaines, la Ville de Sherbrooke a entrepris une campagne de publicité intitulée « Sher­brooke, plus que jamais ! ». Mais qu’est-ce que cette campagne exactement, à quoi sert-elle et quels sont ses objectifs ? Entrée Libre a investigué le sujet pour vous.

À la télévision, à la radio, dans les journaux et même à quelques endroits dans la ville, on retrouve les fameu­ses publicités de la Ville de Sherbrooke, fruit du travail de la firme Nadeau-Bellavance, en consortium avec Bingo Publicité. En tant que Sherbrookois et Sherbrookoise, on peut se demander pourquoi toute cette promotion à l’intérieur même de la ville. La chef de division des communications à la Ville de Sherbrooke, Charlotte Gosselin, expli­que que la campagne a été décidée dans le contexte de la nouvelle ville, fusion de huit anciennes municipa­lités. Un de ses objectifs est de « créer un sentiment d’appartenance, autant pour les anciens Sherbrookois que pour les nouveaux », ajoute-t-elle. « De plus, elle sert à leur faire connaître ce qui se passe à Sherbrooke. »

La Ville de Sherbrooke dispose au total d’un budget maximum de 300 000 $ pour cette campagne, ce qui est une première.

Par ailleurs, la campagne doit s’échelonner sur trois ans et tentera de viser trois publics différents. « Pre­mièrement, nous visons les Sherbrookois », explique Mme Gosselin. « Ensuite, nous tenterons de joindre les gens de la région et, par la suite, nous ferons la promo­tion de Sherbrooke au Québec et même à l’inter­national. » Le but ultime de la campagne serait de pro­mouvoir Sherbrooke en tant que « ville où tout se passe au Québec, où il fait bon vivre », ajoute-t-elle.

Mais combien peut coûter une campagne promotion­nelle d’une telle envergure ? « En ce moment, la campa­gne mix médias a coûté environ 180 000 $ », affirme Mme Gosselin, ce montant comprenant la réalisation et le placement des publicités. Enfin, la Ville dispose au total d’un budget maximum de 300 000 $ pour cette campagne, ce qui est une première, Sherbrooke n’al­louant aucun montant à cet effet dans les années anté­rieures. « Le budget doit par ailleurs être reconduit lors de l’étude des budgets à l’automne », précise Mme Gosselin.

En outre, la campagne tente de situer toutes les caracté­ristiques de la ville, le tout en trois axes. À travers les publicités, on nous présente donc Sherbrooke comme la ville du savoir, avec ses nombreuses institutions scolaires ; comme la ville du savoir-faire, avec sa main-d’œuvre qualifiée pour les industries et les entreprises manufacturières spéciali­sées ; et finalement, comme la ville du savoir vivre, avec ses services à la population de tous les milieux et sa qualité de vie.

Bien entendu, ce portrait de Sherbrooke est promotionnel et omet de traiter de sujets qui touchent les gens dans leur quotidien, comme la réfection des rues, une meilleure protection pié­tonnière, le respect du code de la route, une préoccupa­tion pour le logement social, des efforts pour la promotion et l’utilisation du transport urbain ; le tout à la veille des élections muni­cipales de l’automne 2005. Une seconde étape à la cam­pagne, pour l’instant tenue sous secret, est d’ailleurs prévue pour cette période.

Convaincra-t-elle la popu­lation sherbrookoise et celle d’ailleurs ? Et, surtout, con­vaincra-t-elle les citoyennes et citoyens que l’adminis­tration actuelle est celle qui lui faut, qui lui offre le mieux ? Pour l’instant, les résultats de la campagne ne sont pas palpables, mais le seront sou peu. Probable­ment lors des prochaines élections… car, à la fin, aurons-nous assisté à une campagne électorale publi­citaire ou à une campagne publicitaire électorale ?

 

Par Valérie Provost

 

Partager :

facebook icontwitter iconfacebook icon