À la suite de deux articles qui ‘ont paru dans La Tribune, je me suis demandé si la présence de gangs de rue à Sherbrooke était réelle ou non. Pour en avoir le cœur net, j’ai pris rendez-vous avec Sylvain Houle, directeur général de la Coalition sherbrookoise pour le travail de rue. Au début, je me rendais à cette entrevue afin de mieux saisir la dynamique des gangs de rue et espérer en savoir plus sur la réalité de ce phénomène dans la région sherbrookoise.
Dès la première question, je me suis vite rendu compte que les gangs de rue, comme ceux que l’on retrouve à Montréal, c’est-à-dire, les Crips et les Bloods,. ne sont pas encore présents sur notre territoire. Il ne faut cependant pas croire que nous sommes à l’abri du phénomène pour autant. En effet, comme toutes les villes de moyenne envergure au Québec, Sherbrooke représente un territoire qui pourrait intéressé les gangs de rue criminalisés pour la vente de drogues, d’armes et la prostitution. Comme nous l’affirme M. Houle, il a été rapporté qu’à l’été 2005, des jeunes ont été approchés par des gangs de nie; Cependant, depuis, les travailleurs de rue n’en ont pas réentendu parler ou même été en contact avec des jeunes qui faisaient partie de gangs de rue.
À nos portes
Après avoir parler de cette réalité qui semble, selon le point de vue de M. Houle, inexistante à Sherbrooke, il m’a par contre mentionné que les gangs de rue frappent à nos portes. Selon lui, il se pourrait que ceux-ci commencent à s’établir dans nos quartiers, pas plus tard que l’été prochain. Cette réalité des plus préoccupantes, pour nos jeunes et pour la population en générale, nous a amenés à parler des moyens à mettre de l’avant afin d’affaiblir ce phénomène. Selon lui, nous devons commencer par agir en utilisant de la prévention et du curatif, et ce, dans les milieux scolaires. Nous devons redonner à ces milieux leurs lustres d’antan et encore plus, en adaptant ceux-ci à la réalité de nos jeunes,. De ce fait, cela doit passer, entre autres, par le rétablissement des postes de psychologues, de psychothérapeutes et par la présence d’adultes significatifs faisant preuve d’une grande écoute auprès des jeunes (ex. travailleurs de rue). De plus, le milieu scolaire en général doit devenir pour les jeunes un lieu de création et d’expression de soi, et non pas un endroit punitif et répressif.
Il doit devenir par l’intermédiaire des forces du milieu, un lieu dynamique où tous les étudiants et étudiantes peuvent s’épanouir.
Être avec les jeunes
Il ne faut pas se mettre la tête dans le sable. Les jeunes qui font partie des gangs de rue, pour la plupart, cherchent un exutoire pour permettre de le faire. Ce n’est pas en réprimant et en contrôlant les jeunes à l’aide de médicaments comme le ritalin, que nous réussirons comme société à enrayer le phénomène des gangs de rue. Bien au contraire, c’est en les informant, les écoutant et en prenant le temps d’être avec eux que nous réussirons à créer une jeunesse forte et créative, qui refusera d’adhérer à ce phénomène des plus violents.
De ce fait, comme nous en avons discuté, les sommes d’argent qui sont versées par les gouvernements fédéral et/ou provincial pour contrer ce phénomène, devraient servir à aider les écoles. C’est en aidant ce milieu de vie à mettre sur pied un réseau d’aide et d’information que nous aiderons réellement les jeunes en difficulté et tous ceux qui désirent sortir des gangs de rue. L’école doit donc devenir la pierre angulaire d’un plan d’intervention en vue d’atténuer, et même si on se permet de rêver un peu, d’enrayer les gangs de rue à tout jamais.
Merci à Sylvain Houle pour le temps qu’il m’a consacré. Il faut voir que l’orientation vers le milieu scolaire comme milieu d’intervention, a été mis de l’avant par ce dernier ; je n’ai fait que reformuler son idée.



