Des coupes « idéologiques »…

1 février 2007

Au fédéral

À l’automne dernier, le gouvernement Harper annonçait des compressions de 1,1 milliard dans divers programmes destinés principalement à des organismes communautaires un peu partout au Canada (voir certains exemples dans le tableau ci-dessous). Ces compressions, le réamé­nagement et l’abolition de certains programmes semblent avoir des visées davantage idéologi­ques qu’économiques.

En effet, le gouvernement ne peut certainement pas invoquer le manque d’argent avec des sur­plus importants ces dernières années, dont un de 13,2 mil­liards en 2006 De plus, plu­sieurs de ces coupures touchent des questions moins en vogue chez les conservateurs : droits des femmes, des homosexuels, des autochtones, l’alphabétisa­tion, soutien aux jeunes, etc.

Recommandations aux poubelles !

Un des programmes visés est le Placement carrière été (PCÉ) visant à accorder des projets en vue d’engager des étudiants et des étudiantes pendant la pé­riode estivale. La quasi-totalité des projets provient des orga­nismes communautaires. En plus d’accorder une expérience de travail à des milliers de jeunes, ces projets permettent aux organismes de réaliser des pro­jets qui ne pourraient voir le jour sans cet apport de ressources ponctuelles. Un des aspects intéressants de ces emplois demeure l’éveil de ces jeunes à la « vie citoyenne » et à la connaissance des organismes communautaires comme lieu d’apprentissage de la démocra­tie. La coupure annoncée de 50 millions signifie une diminution importante du nombre d’em­plois qui seront créés l’été prochain. Pourtant, la TROVEPE (Table ronde des organismes volontaires d’éducation popu­laire de l’Estrie) était déjà in­tervenue publiquement et politiquement à l’automne 2002 pour demander une boni­fication de ce programme en vue d’améliorer les revenus associés aux emplois créés : augmentation du salaire de base (actuellement au salaire mini­mum), augmentation du nom­bre de semaines pour les projets (souvent à 6, 7 ou 8 semaines seulement), un minimum d’heures de travail par semaine, etc. Bref, la TROVEPE, par ses interventions, signifiait l’im­portance qu’elle accordait à ce programme.

Comme pour donner raison à la TROVEPE, un comité gou­vernemental recommandait aussi une bonification de ce pro­gramme. Une lettre du député de Sherbrooke au fédéral, M. Serge Cardin, adressée aux ministres Finley et Blackburn l’énonce d’ailleurs clairement : « Le 31 mai 2006, à l’unani­mité, le Comité permanent des Ressources humaines, du déve­loppement social et de la condi­tion des personnes handicapées a déposé un rapport visant à améliorer le programme Placement carrière été En octobre 2006, ce même comité a adopté à la majo­rité (seuls les conservateurs ont voté contre) une motion demandant au gouvernement de maintenir le financement du programme au niveau de 2005-2006. » Par ces coupures, le gouvernement va carrément à l’encontre de ces recommandations.

Alerte au conservatisme !

Par l’ensemble de ces politiques néolibérales, le gouvernement Harper menace nos acquis so­ciaux dans plusieurs domaines et risque d’entraîner la fragili­sation de plusieurs groupes communautaires au Québec. Face’ à ces menaces, les orga­nismes communautaires et la population en général seront appelés à réagir vigoureusement au cours des prochains mois.

Cependant, il ne faut pas limi­ter nos interventions seule­ment contre le Parti conserva­teur, mais aussi contre les idées conservatrices en soi quel que soit le parti qui les « propage ».

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