« Êtes-vous intéressés à réaliser enfin vos rêves ? Pouvez-vous reconnaître une réelle opportunité ? Nous vous offrons la possibilité de gagner plus d’argent à temps partiel que vous n’en faites à temps plein dans le moment ! »
Donnez suite à cette annonce et peut-être vous invitera-t-on à participer à une soirée au cours de laquelle on vous informera que, en échange d’un investissement minimal, généralement de 200 $ à 1 000 $, vous récolterez dans les jours suivants plusieurs fois la somme investie.
L’appât est lancé et les « poissons » qui ont mordu à cette ligne semblent nombreux en Estrie. En effet, l’agent René Côté, responsable des communications et des relations publiques à la Sûreté du Québec, nous a informés qu’il y a une quinzaine de clubs de ventes pyramidales en circulation dans la région. Déjà, une trentaine d’arrestations ont été effectuées à Deauville à la mi-avril et ce n’est qu’un début.
Mais qu’est-ce qu’un club pyramidal ? Généralement, sous le couvert de vente de produits divers, on vous propose de devenir « distributeur », « gérant » en échange d’un investissement de capital. Par la suite, vous devez recruter 2 ou 3 autres personnes sous les mêmes conditions pour recevoir une commission sur leur mise de fonds. Ces personnes devront à leur tour trouver d’autres participants, ainsi de suite. Tout semble simple et facile. Par contre, ce qu’on ne vous dit pas c’est que, toute bonne chose ayant une fin, ce sont les derniers recrutés qui perdent leur argent au profit des premiers. Imaginons la situation suivante : Une personne recrute trois participants, qui en recrutent trois chacune, ainsi de suite. Vu en mathématique cela donne : (1 x 3) + (3 x 3) + (9 x 3) + (27 x 3), etc. À la 17ème génération, il faudrait solliciter la population entière des États-Unis pour que la pyramide se poursuive.
L’expérience au Québec démontre que 90 % des gens perdent leur argent dans ce genre d’aventure. Et si jamais vous réussissez à vous enrichir, ce seront parents et amis que vous aurez recrutés que vous perdrez puisque ce sont eux qui se seront fait avoir. De plus les clubs pyramidaux étant illégaux au Québec ainsi que partout ailleurs au monde, vous risquez de faire face à des accusations devant la cour criminelle pour fraude ou tentative de fraude, d’écoper d’un maximum de 2 ans de prison et/ou d’une amende pouvant atteindre 5 000 $ sans oublier la présence d’un dossier criminel.
Si jamais vous vous trouvez déjà impliqué dans un tel club, sachez que votre nom figure dans leur liste d’investisseurs et que ce peut être suffisant pour vous valoir une condamnation. Alors n’hésitez pas à communiquer avec le Centre Communautaire Juridique de l’Estrie, au numéro 563-6122. Ceux-ci pourront peut-être vous conseiller une solution légale pour vous sortir du pétrin.
Si on vous sollicite pour une soirée d’information, puisque vous savez ce qui vous y attend, communiquez donc avec le caporal Rock Gaudreault de la Sûreté du Québec (tél. : 564-1212) de façon à mettre un terme aux activités d’un groupe de fraudeurs.
De toute façon, méfiez-vous toujours des beaux parleurs qui vous proposent mer et monde. Ne signez jamais de documents sans avoir réfléchi. Vous pouvez aussi avoir recours à l’Office de la Protection du Consommateur (tél. : 566-4266) pour vous renseigner sur la légalité ou le bien-fondé de vos espoirs.




