Recyclage cinématographique

Date : 23 juillet 2015
| Chroniqueur.es : Jean-Benoît Baron
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La période estivale rime avec films à gros budget d’Hollywood ou Blockbuster comme le disent nos voisins du Sud. Parmi tout le buffet de réchauffé que nous offrent les géants du cinéma, il est parfois difficile de se retrouver. Au menu cet été, beaucoup de suites de saga nous sont offertes. Sauf que parfois, même si en apparence ces productions semblent être des suites, elles ne le sont pas exactement. Je me suis donc fait un devoir de vous éclairer un peu sur ces films qui sont à l’affiche dans les salles obscures cet été, en vous proposant un petit lexique du jargon hollywoodien.

Le film original, comme son nom le dit, est le premier à voir le jour dans l’univers cinématographique. C’est le cas, par exemple, du dernier film d’animation des studios Disney-Pixar, Sens dessus dessous.

Quand un film obtient un grand succès, il est presque assuré qu’Hollywood profitera de cette vache à lait pour remplir ses coffres, en créant ce qu’on appelle une suite ou sequel en anglais. Monde Jurassique, d’Universal Pictures, en est un bon exemple. Ce quatrième volet, de la franchise du Parc Jurassique, a su battre des records au box-office en dépassant largement les recettes amassées par le film original, sorti en 1993. Parions que Monde Jurassique engendrera d’autres suites à son tour.

Parfois, il y a aussi des suites qui sont en fait un retour dans le temps avant le film original. C’est ce qu’on appelle l’antépisode ou prequel. C’est le cas du dernier suspense d’épouvante Insidieux Chapitre 3, qui raconte en fait des événements qui se situent avant Insidieux, sorti en 2011.

Les films de superhéros sont une mine d’or pour y extirper des suites à n’en plus finir. Pensons seulement à ce que Marvel Studios nous propose depuis des années, une panoplie d’histoires de superhéros qui engendrent des suites et qui finissent même par créer des incursions plus souvent connues sous le nom de cross-over. C’est ce qui arrive quand il y a un croisement qui regroupe des personnages qui habituellement vivent leurs aventures dans des séries différentes. C’est le cas du film Avengers: L’ère d’Ultron, qui lui-même est une suite de Les Avengers: Le film.

Parfois, un film peut connaître un succès mitigé et il y a une tendance à Hollywood depuis quelques années à produire des redémarrages ou reboot si vous préférez. Le redémarrage désigne une nouvelle version d’un film ayant connu de nombreuses suites, qui se caractérise par le désir de vouloir repartir sur de nouvelles bases, plutôt que de prolonger une saga encore récente. Les quatre fantastiques ou encore Terminator Genisys n’en sont que quelques exemples parmi tant d’autres.

Si le redémarrage est une technique utilisée pour donner un nouveau souffle à une histoire, la reprise ou remake en est une autre. La reprise est une nouvelle adaptation d’un film ayant déjà été porté à l’écran, comme c’est le cas du dernier suspense d’épouvante, Poltergeist.

Malgré toutes ces techniques de recyclage cinématographique, Hollywood trouve encore le moyen de nous donner du déjà-vu dans ce qu’on appelle le dérivé ou spin-off. C’est une technique se focalisant sur un ou plusieurs personnages (généralement secondaires) d’une précédente œuvre. C’est le cas entre autres du film Les Minions d’Illumination Entertainment, qui met en scène les petits personnages jaunes, que nous avions connus précédemment dans Détestable moi, sorti en 2010.

Avec ces suites, ces antépisodes, ces redémarrages, ces dérivés, ces incursions, il y a de quoi se demander si Hollywood n’est pas en train de se cannibaliser, de vivre une crise d’inspiration profonde ou profite simplement de manière abusive de la nostalgie du public.

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