Arrivée des conservateurs… devons-nous avoir peur ?

1 mars 2006
Crédit image : Collectif pour le Libre Choix

Avec l’arrivée au pouvoir du candidat conservateur Stephen Harper comme chef du pays, il faut redoubler de prudence pour s’assurer de conserver nos droits en matière d’avortement qui, malheureusement, sont trop souvent bafoués.

Nous avons encore une fois été témoin de la remise à l’agenda de ce dossier durant la campa­gne électorale. Des allégations faites par le Parti libéral vou­lant que le Parti conservateur souhaite retirer aux femmes le droit de décider librement d’interrompre ou non leur gros­sesse, sont encore venues mettre ce parti sur la sellette. Évidem­ment, pour limiter les critiques négatives de son électorat, S. Harper s’est tout de suite em­pressé de démentir ces propos. Effectivement, lors de leur der­nier congrès, les militants con­servateurs avaient rejeté l’idée de légiférer sur l’avortement. Rien d’inquiétant nous direz-vous ? À priori, nous croyons que la simple remise en ques­tion de cette politique demeure un recul important en soi.

Crainte d’un vote individuel

Ce qui nous interpelle davan­tage c’est que, sans nécessai­rement faire passer une loi qui recriminaliserait l’avortement, S. Harper pourrait, toutefois, faire en sorte de désigner au pouvoir des personnes qui ont des convictions politiques ou des valeurs anti-choix. Sachant, du même coup, que celui-ci permettrait aux différents membres du Parlement d’adopter des positions individuelles et de voter librement, cela pourrait mettre en branle des motions, des décisions qui, assurément, feraient régresser les droits des femmes. Malgré qu’il soit actuellement élu sous un gouvernement minoritaire, il en demeure, qu’à long terme, des mesures pourraient être prises qui auraient des répercussions importantes sur nos législations. Par exemple, nous savons qu’auparavant, des ten­tatives avaient déjà été entre­prises par un autre parti, afin de réviser la nécessité médicale de la pratique de l’avortement. Doit-on s’attendre à la même chose de S. Harper ? A la lueur de toutes ces constatations, pouvons-nous avoir confiance en sa promesse ? Sans s’attaquer directement à l’avortement, aura-t-il d’autres alternatives plus sournoises pour arriver à ses fin ? Devons-nous nous préparer à vivre un retour en arrière ?

Crainte pour la liberté de choix

Comme groupe de défense de droits en matière de libre choix face aux grossesses imprévues, nous sommes toujours très pré­occupées par ces controverses qui ont lieu autour du dossier de l’avortement. Sachant qu’ac­tuellement plus de 200 000 femmes dans le monde meu­rent chaque année des suites d’avortements clandestins, nous demeurerons vigilantes et à l’affût de toute atteinte à la liberté de choix des femmes. Nous continuerons ainsi à reven­diquer la sécurité, la gratuité et l’accessibilité pour toutes les femmes à des services d’avortement.

La vigilance est de mise : à titre informatif, Action Canada pour la population et le développement (ACPD), organisme de défense des droits de la personne (femmes, hommes, enfants) basé à Ottawa, a fait l’analyse que 71 % des députés qui composaient le cabinet conservateur au moment de l’annonce de l’élection s’affichait anti-choix, alors que 6 % était pro-choix. Le 23 % restant n’a tout simplement pas émis d’opinion.

 

 

 

 

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