Les récentes acquisitions du conglomérat Quebecor soulèvent de nombreuses questions en regard, entre autres, de l’indépendance des salles de rédaction. De nombreux journalistes à l’emploi de TVA ont ainsi vu des extraits de leurs reportages se retrouvés à l’intérieur du Animal de Montréal, et ce, à leur plus grande surprise. La concentration semble vouloir s’appliquer, malheureusement, au niveau du contenu journalistique.
Salut, bonjour ! ou… Bonjour, salut !
Peu avant l’acquisition de TVA par Quebecor, le chroniqueur financier Michel Girard du journal La Presse présentait une rubrique à l’émission Salut Bonjour ! Deux mois après la vente de TVA, il était remercié de ses services. Girard est convaincu que Quebecor est derrière son renvoi. Son remplaçant, Jean-Philippe Décarie, ne partage pas cet avis. Pourtant, des ententes de ce genre existait entre TVA et le journal La Presse (avant la vente du réseau de télé à Quebecor). Beaucoup pensent, à tort, que ces manigances sont maintenant chose du passé. Le syndicat des employés de TVA a remarqué que depuis son entrée dans le giron Quebecor Médias, les journalistes invités sur les ondes de TVA proviennent presque qu’exclusivement des salles de presse de l’empire Péladeau.
Internet en mode concentrée
La concentration se poursuit aussi de manière pernicieuse sur le Web. En effet, les trois sites Internet conçus à l’origine par TVA et Vidéotron mènent désormais aux mêmes contenus et à la même présentation graphique, mise à part les pages d’accueil qui elles, sont différentes. Dans les circonstances, les syndicats représentant les employés de TVA-LCN et du Journal de Montréal ont cru bon de déposer une plainte auprès du CRTC, argumentant que Quebecor viole les conditions imposées par l’organisme gouvernemental. Cette concentration « virtuelle » a mené à la mise à pied de plusieurs employés. Les employés de Canoë tentent de négocier leur première convention collective. La bataille s’annonce ardue. Des divergences en regard du nombre de travailleurs représentés par l’unité syndicale demeurent entre le syndicat et l’employeur. De plus, les deux syndicats craignent, entre autres, que Quebecor adopte à son tour une décision rendue par le CRTC qui donne à Bell Globemedia le droit d’utiliser des reportages du Globe and Mail pour les bulletins de nouvelles de CTV.
Pendant ce temps, Quebecor entend fusionner les magazines de TVA avec ceux de Publicor et songe sérieusement à mettre la main sur les stations de radio de Télémédia. La tornade Quebecor n’a pas fini de balayer l’univers médiatique.
Source : JONCAS, Hugo. Convergence à la manière de Quebecor Le 30, vol. 26, no 3, mars 2002, p. 6-7



