Concentration vous salles de rédaction

1 avril 2002

Les récentes acquisitions du conglomérat Quebecor soulèvent de nombreuses questions en regard, entre autres, de l’indépendance des salles de rédaction. De nombreux journalistes à l’emploi de TVA ont ainsi vu des extraits de leurs reportages se retrouvés à l’intérieur du Animal de Montréal, et ce, à leur plus grande surprise. La concentration semble vouloir s’appliquer, malheureuse­ment, au niveau du contenu journalistique.

Salut, bonjour ! ou… Bonjour, salut !

Peu avant l’acquisition de TVA par Quebecor, le chroni­queur financier Michel Girard du journal La Presse présentait une rubrique à l’émission Salut Bonjour ! Deux mois après la vente de TVA, il était remercié de ses services. Girard est convaincu que Quebecor est derrière son renvoi. Son remplaçant, Jean-Philippe Décarie, ne partage pas cet avis. Pourtant, des ententes de ce genre existait entre TVA et le journal La Presse (avant la vente du réseau de télé à Quebecor). Beaucoup pensent, à tort, que ces manigances sont maintenant chose du passé. Le syndicat des employés de TVA a remarqué que depuis son entrée dans le giron Quebecor Médias, les journalistes invités sur les ondes de TVA proviennent presque qu’ex­clusivement des salles de presse de l’empire Péladeau.

Internet en mode concentrée

La concentration se poursuit aussi de manière pernicieuse sur le Web. En effet, les trois sites Internet conçus à l’origine par TVA et Vidéotron mènent désormais aux mêmes contenus et à la même présentation graphique, mise à part les pages d’accueil qui elles, sont différentes. Dans les circonstances, les syndicats représentant les employés de TVA-LCN et du Journal de Montréal ont cru bon de déposer une plainte auprès du CRTC, argumentant que Quebecor viole les conditions imposées par l’organisme gouvernemental. Cette concentration « virtuelle » a mené à la mise à pied de plusieurs employés. Les employés de Canoë tentent de négocier leur première convention collective. La bataille s’annonce ardue. Des divergences en regard du nombre de travail­leurs représentés par l’unité syndicale demeurent entre le syndicat et l’employeur. De plus, les deux syndicats crai­gnent, entre autres, que Quebecor adopte à son tour une décision rendue par le CRTC qui donne à Bell Globemedia le droit d’utiliser des reportages du Globe and Mail pour les bulletins de nouvelles de CTV.

Pendant ce temps, Quebecor entend fusionner les maga­zines de TVA avec ceux de Publicor et songe sérieu­sement à mettre la main sur les stations de radio de Télémédia. La tornade Quebecor n’a pas fini de balayer l’univers médiatique.

Source : JONCAS, Hugo. Convergence à la manière de Quebecor Le 30, vol. 26, no 3, mars 2002, p. 6-7

 

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