$ $ $tar Académie

1 juin 2003

Avec un auditoire avoisinant les trois millions de téléspectateurs, Star Académie fut sans aucun doute l’émission québécoise la plus regardée de l’hiver 2003. La machine Quebecor a poussé au maximum la pratique de la convergence, au grand plaisir de ses actionnaires. Des voix se sont élevées dans le milieu artistique mais fort de ce succès, Quebecor compte bien récidiver, car il ne fait aucun doute que Star Académie a contribué à hausser ses gains en 2002.

La convergence eu action

Dans le magazine Le 30 d’avril 2003, Paul Cauchon explique cette convergence : « Évidemment, on a vu avant la mise en ondes de l’émission un nombre élevé d’autopromotions sur les ondes de TVA. On a ensuite vu les hebdos populaires de Quebecor multiplier les pages couvertures sur les can­didats de Star Académie. On a vu dans les vitrines des SuperClub Vidéotron des affiches invitant tout le monde à s’abonner à Internet pour mieux suivre le projet. On a vu d’énormes panneaux publicitaires surgir en mars à l’entrée des magasins Archambault, propriété de Quebecor, pour annoncer la sortie au printemps du premier CD des partici­pants de l’émission ». Toujours selon lui, « il m’apparaît clair que Star Académie représente un enjeu économique et idéo­logique majeur pour Quebecor, qui place pour la première fois depuis l’achat Vidéotron-TVA toutes ses constituantes au service d’une même cause commerciale, au service d’une même émission ».

 $ $ $ et convergence

Le bénéfice annoncé (avant intérêts, impôts et amortisse­ments) aux actionnaires du Groupe TVA lors de l’assemblée générale annuelle du 2 mai dernier était de 79 mil lions, une hausse de 12 %par rapport à celui de 2001.11 semblerait, selon Claude Turcotte, journaliste économique au Le Devoir (3-4 mai 2003) que « Le Groupe TVA gagne plus d’argent, malgré une concurrence plus forte et mieux organisée. Cela est dû en partie à la convergence, comme le montre bien le succès de I ‘émission Star Académie ».

Milieu artistique

Des artistes et artisans du milieu artistique voient d’un mauvais œil l’arrivée de la « formule » Quebecor qui comme les chaînes de restauration rapide s’apprête à nous servir leurs nouvelles saveurs du mois. Si la recette a porté fruit, il y a fort à parier que des formules similaires seront développées par ses concurrents.

Le Crémi s’interroge sur cette tendance à l’« industriali­sation » de la créativité dérivant d’une mise en scène orches­trée par Quebecor. L’émission a connu un succès autant monétaire que populaire. Comment se dessinera l’avenir pour les participant-e-s actuels lorsqu’une nouvelle série débutera à l’automne ? À moyen terme, comment sera garantie l’impar­tialité journalistique ? Autant de questions qu’ il faut se poser lorsque l’on voit le Lundi et le Journal de Montréal faire la une avec cette émission.

 

 

 

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