Qui ne s’est pas retrouvé-e, une fois dans sa vie, face à fesses avec un magazine pornographique alors qu’elle-il se rendait au dépanneur acheter une pinte de lait. Cela nous arrivait fréquemment et nous en avions assez de nous faire agresser par ces images que nous ne voulions pas voir. Nous pensons que ces revues n’apportent rien de positif à notre sexualité et que, de toute façon, nous sommes beaucoup plus belles et beaux dans la vie de tous les jours que dans ces décors de satin, dentelles et plumes.
À la suite de cette constatation, nous avons décidé d’aller explorer les règlements municipaux afin d’en trouver un qui règlemente l’étalage de ce matériel désagréable et mesquin. Nous en avons trouvé un. Ce dernier a pour but de rendre la porno moins accessible, et du même coup, moins envahissante pour celles et ceux qui ne veulent pas avoir à la subir. Le règlement prévoit à quelles conditions un-e commerçant-e peut mettre un tel magazine en vente.
- Le magazine doit être disposé à cinq pieds au-dessus du niveau du sol.
- Le magazine doit être placé derrière une barrière opaque.
- Le magazine doit être disposé de façon à ce qu’on ne puisse pas voir plus de quatre pouces de sa partie supérieure.
La prochaine étape fut, bien sûr, d’aller vérifier si nos commerçants respectent le règlement municipal. Nous avons donc fait la liste des dépanneurs et tabagies qui se trouvent sur le territoire d’ENTRÉE LIBRE; sur les trente (30) de notre liste, vingt-trois (23) tenaient des publications pornographiques. Nous avons visité ces derniers et nous avons pu constater que le règlement municipal était resté sur les tablettes, comme les magazines pornos d’ailleurs. Voici les résultats de notre enquête :
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Conditions |
Respect |
Non-respect |
| – 5 pieds du sol
– Barrière opaque – 4 pouces |
6 2 7 |
17 21 16 |
C’est alors qu’une énorme question apparut dans nos esprits ! Pourquoi le conseil municipal a-t-il adopté un règlement s’il ne le fait pas respecter plus que ça ? C’est la job de qui de voir à ‘l’application du règlement ? C’est avec ces interrogations que nous avons contacté Me Patrick Théroux qui travaille pour la municipalité. Il nous a appris que c’était la police qui était chargée de voir à l’application du méconnu règlement. Nous avons découvert en même temps qu’un-e commerçant-e qui y contrevenait s’exposait à une amende d’un maximum de 300 dollars qui était fixée par le juge, celui-ci disposant de toute la discrétion qu’on leur connaît.
Nous avons par la suite communiqué avec le bureau de police pour y découvrir que bien que des billets aient été donnés certains commerçants aucun n’avait été émis sur la base de la disposition que nous avions dénichée. Le policier nous a expliqué que les citoyen-ne-s pouvaient se présenter au bureau de police afin de déposer une plainte et de par cette action accomplir une partie du travail. N’écoutant que notre courage et notre dévouement, nous nous sommes rendu-e-s sur la rue Marquette et nous y avons déposé des plaintes contre les dépanneurs et tabagies que nous avions identifié-e-s.
Nous vous invitons fortement à faire la même chose lorsque vous tombez sur un-e commerçant-e qui s’obstine à ne pas respecter le règlement. Il faut être conscient-e que les amendes payées par les contrevenant-e-s : sont, pour la ville de Sherbrooke, des revenus au même titre que les taxes que nous payons. Si on prend pour acquis qu’un juge conscient de la nécessité de limiter l’accès à la pornographie donnerait l’amende maximale à toute commerçante contrevenant au règlement, on se rend vite compte qu’en trois heures nous avons identifié 6 600 dollars de revenu pour la municipalité (22 commerçants contrevenants X 300 $). Un contrôle plus serré sur l’application des règlements nous éviterait sans doute certaines hausses de taxes. Tout le monde sait que les taxes c’est notre argent et le vôtre… Il faudrait y penser.




