Si vous êtes piéton dans la ville de Sherbrooke, cet ar­ticle vous intéresse. Si vous conduisez une automobile, en­core plus, puisqu’il sera question de vous dans les prochains para­graphes.

Jadis, l’être humain parcourait la surface de la terre sans crainte de se faire happer par une voi­ture, car celle-ci n’existait pas encore. Aujourd’hui, c’est diffé­rent. L’Espèce humaine a évolué et, dans son évolution, elle n’a jamais perdu de vue son désir in­fatigable d’écraser les autres. Donc, pour se satisfaire, elle a toujours réussi à inventer quel­ques jeux mortels comme la guerre. Mais la guerre étant une denrée plutôt rare à Sherbrooke, ce désir, sans cesse présent, se manifeste chez certains indivi­dus, appelés conducteurs-conductrices, qui se servent de cet engin de plus en plus puis­sant, communément nommé au­to, pour essayer d’écraser d’autres êtres humains que l’on désignera sous le nom de piétons.

Pour constater cet état de fait, on n’a qu’à observer pendant dix (10) petites minutes n’importe quel passage où les piétons ont priorité, à l’exception des en­droits où les feux de circulation sont présents… circonstances obligent ! Vous vous rendrez très vite compte que les lignes au sol, les pancartes, et même les arrêts sont rarement respectés. On a beau crier, ou pointer du doigt les pancartes, c’est du temps perdu. Rien ne peut perturber certain-e-s automobilistes qui, au lieu de s’arrêter, accélèrent… question de passer plus vite ! Si vous avez le courage de tenter votre chance, et bien, consolez-vous en pensant que dans notre « plus qu’une ville » il y a cinq (5) hôpitaux dont quatre (4) sont munis de salle d’urgence prête à vous recevoir, au cas où…

Selon un rapport fourni par le bureau de statistiques de la police de Sherbrooke, il y a eu dans la ville, pour ta seule année 1985, soixante-treize (73) blessés dont treize (13) graves, incluant trois (3) morts, lors d’accidents impli­quant des véhicules moteur et des piétons. Cette statistique nous démontre que le problème est as­sez grave pour qu’on s’en préoc­cupe. On peut aller jusqu’à dire que, s’il n’y a pas plus de morts ou blessés, c’est à cause de la grandissante habileté qui se déve­loppe chez nos piétons pour évi­ter les automobiles… habileté qui ferait pâlir les plus célèbres toréa­dors espagnols. Cette aptitude devient nécessaire si on veut s’en tirer vivant, surtout au centre-ville !

Il nous paraît très important de mettre fin aux agissements des automobilistes peu soucieux de la sécurité de ceux qui marchent. Il est vrai que le règlement munici­pal prévoit des amendes allant jusqu’à cinquante dollars (50 $) pour les chauffards qui ne respec­tent pas les passages donnant priorité aux humains, mais cela non plus n’affecte pas le compor­tement blindé de cette catégorie de citoyens.

Il nous reste donc à demander à la police un peu plus de surveil­lance, aux piétons de dénoncer les mauvais conducteurs, et à ces derniers de prendre l’exemple de leurs confrères et consœurs qui ont du respect pour leurs sem­blables et qui s’arrêtent en tout temps, pancarte ou pas.

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