La fraude la plus crapuleuse que vous puissiez imaginer n’est rien en comparaison du « travail » réalisé par Ferdinand Marcos aux Philippines depuis son accès au pouvoir. Avec la bénédiction des États-Unis, ce monsieur a sorti de son pays une somme estimée entre 6 et 30 milliards de dollars US. Le même phénomène se retrouve aussi en Amérique Latine où le tiers de la dette extérieure appartient à des particuliers Latino-Américains, étroitement liés aux gouvernements : cet argent a été déposé dans des banques suisses et/ou américaines. Si ces deux exemples à eux seuls vous scandalisent, ne lisez pas la suite !
Les pays en voie de développement doivent aux banques plus que le revenu annuel total de leurs exportations, ce qui représente 33 % du produit national brut (PNB). De plus, 65 % de cette dette est aux mains de banques privées. Voilà où commence le grand vol ! En effet, les banques prêteuses ont reçu des pays endettés, pour l’année 1985, environ 100 milliards de dollars US dont 58 milliards en paiement d’intérêts seulement. À vous de calculer si un remboursement complet de leur dette extérieure est possible !
Comment donc fonctionne la machine à faire de l’argent de ces magiciennes que sont les banques ? Les grandes banques occidentales disposent d’énormes sommes d’argent en provenance des magnats du pétrole, mais aussi de citoyens comme vous et moi. Cet argent-là est ensuite prêté à ceux qui en ont apparemment grand besoin : les pays du Tiers-Monde. On le leur prête à certaines conditions qui permettront à des compagnies occidentales de prendre le contrôle d’une large part de l’économie à l’intérieur de ces pays. Ces mêmes conditions obligent les gouvernements tiers-mondistes à faire leurs achats de matériel, susceptibles de les aider au niveau de leur développement économique, dans des pays désignés par les prêteurs… question de doubler le profit !
Ce bref aperçu de la problématique financière du Tiers-Monde nous démontre clairement que plus le Sud est endetté plus le Nord est riche, en supposant, bien sûr, que le Sud puisse payer ! Parce qu’il existe un petit problème : la plus grande partie de ces milliards ont été empruntés par des gouvernements militaires et/ou par de fausses démocraties qui les ont utilisés à leur propre profit, c’est-à-dire pour leur enrichissement individuel, et aussi pour l’achat de matériel militaire servant à réprimer les citoyens.
Aujourd’hui, malgré la vague de changements politiques qui déferle sur ces pays, les citoyens, jadis bafoués par des régimes totalitaires, sont pris au piège ! Ils sont obligés de payer la dette que des hommes corrompus, possédant d’immenses fortunes investies en Europe et aux États-Unis, leur ont laissée en héritage.
Présentement, un vent de panique commence à souffler dans les pays riches. Et pourquoi ? Tout simplement parce que si les pays endettés décident de ne plus payer, le grand rêve de la haute finance se transformera en cauchemar… autrement dit : la faillite de notre beau système monétaire !
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