Lutte au terrorisme
Le Canada vient d’être élu au comité de surveillance des Droits de l’homme de l’Organisation des nations unies (ONU). Quelles positions y prendra le gouvernement Harper ? Les événements récents ne laissent rien présager de bon.
Le premier ministre a dénoncé vivement l’Iran au sujet d’un supposé code vestimentaire, entre autres pour les juifs. Le tout n’était qu’une rumeur. Au même moment, une commission d’enquête de l’ONU demandait aux États-Unis de fermer la prison de Guantanamo où sont violés les droits de l’homme et Amnistie Internationale dénonçait le fait que les États-Unis, entre autres, utilisent le prétexte de la sécurité nationale pour les bafouer.
De plus, une commission d’enquête européenne vient de reconnaître que la CIA a organisé des vols « secrets » en Europe pour enlever des individus et les mettre en prison sans accusation, sans procès, et possiblement les torturer.
Enfin, le journal britannique The Guardian a révélé dernièrement que l’armée étasunienne a utilisé en Irak du phosphore blanc contre la population de Fallujah. Bilan : plus de 50 000 morts.
Malgré tous ces faits authentifiés, le gouvernement Harper est resté muet sur ces violations des droits de la personne par l’administration Bush. Ce ne sont certainement pas les prises de positions canadiennes qui ont fait dire à l’ex-président des États-Unis Jimmy Carter : « où qu’on aille, les gens se demandent : qu’est-il arrivé aux États-Unis que nous croyons le champion des droits humains ? »
Une prison spécialisée
Il faut dire que nos voisins ne sont pas les seuls à bafouer les Droits de l’homme au nom de la sécurité nationale. Au Canada, le gouvernement libéral a adopté la loi C-36 qui permet d’inculper quelqu’un pour avoir, soi-disant, facilité un acte terroriste, sans que cette personne n’ait eu la moindre idée qu’un acte terroriste était commis. Au nom de la défense de « nos valeurs », le gouvernement libéral a déporté des citoyens canadiens, tel Maher Harar qui fut torturé dans son pays d’origine. Nous apprenions dernièrement que le Canada a maintenant une prison spécialisée pour détenir indéfiniment et sans procès des non-citoyens sous le coup d’un certificat de sécurité.
Connaissant le penchant pour la loi et l’ordre de M. Harper et son admiration pour le président Bush, on peut penser que le Canada supportera sûrement les positions américaines à ce comité de l’ONU et ne changera rien à la loi C-36.
Encore une fois, il revient aux citoyens de lutter pour le respect des Droits de l’homme. Le Canada doit prendre ses distances des États-Unis sur cette question,
Nous devons rappeler au gouvernement que la protection de nos droits ne passe pas par la détention indéfinie sans acte d’accusation formelle et sans procès de non-citoyens du Canada et que la meilleure façon de lutter contre le terrorisme n’est pas la participation à la guerre en Afghanistan et le déni des Droits de l’homme, mais une lutte contre la pauvreté et les injustices.



