Le programme Jeunes Volontaires ne répond plus. Ça sonne inoccupé. Depuis le 6 février dernier, journée au cours de laquelle le programme a atteint son objectif de 6 000 participant-e-s, l’ordinateur central refuse toute autre sortie d’argent destiné à de nouveaux projets. Jeunes Volontaires, dit-on avec complaisance, est victime de sa trop grande popularité…
L’ennui c’est que les cerveaux du programme n’ont aucune raison de s’envoyer les neurones en l’air. De tous les programmes lancés par nos gouvernements ces dernières années, celui-ci ferait plutôt figure d’enfant pauvre avec la maigreur des montants alloués aux participant-e-s. En effet, une personne prenant part à un projet (minimum de 20 heures par semaine) reçoit 150 $ par mois ou la parité avec les plus de 30 ans si elle bénéficie de l’aide sociale.
Par ailleurs, il faudrait ajouter que le ministère de l’Éducation, même impliqué dans la gestion de Jeunes Volontaires, n’a toujours pas été foutu de mettre en place un mécanisme de reconnaissance pour les apprentissages acquis en cours de projet, parce que c’est sur cette sacro-sainte formation que repose le principe même de Jeunes Volontaires.
Finalement, on ne peut prétendre que le programme coûte terriblement cher aux Québécoises puisque sa réalisation en région est assurée par les comités locaux composés essentiellement de bénévoles.
Et voilà qu’on gèle les fonds, comme ça… sans même en aviser les comités locaux. Juste comme nous commencions à apprécier le programme.
Car, voyez-vous, à sa sortie en janvier 1984, le programme Jeunes Volontaires a reçu un accueil plutôt hostile de la part du) milieu. Il faut tout de même admettre qu’il ne semblait pas avoir grand-chose à offrir, n’allouant que 1,60 $ l’heure aux participant-e-s. Toutefois, suite à quelques réajustements, le programme est devenu disons un peu plus acceptable pour à peu près tout le monde.
Ces quelques modifications touchaient principalement les allocations versées aux participante-s. De 100 $ par mois qu’elles étaient à la naissance du programme, elles sont passées aux montants que nous connaissons aujourd’hui. De plus, l’aspect formateur est devenu un critère essentiel à l’acceptation d’un projet.
Il est permis de croire que ces nouvelles mesures ont rendu le programme un tantinet plus intéressant pour les jeunes qui cherchaient à explorer leurs intérêts dans différents domaines. Évidemment, on est encore bien loin d’un véritable programme d’emploi mais Jeunes Volontaires correspondait au strict minimum que les sans-emploi sont en droit d’exiger.
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Quel avenir réserve-t-on à Jeunes Volontaires ? Pour l’instant, le malade est sous observation… Au moment de mettre sous presse, nous apprenions que le chirurgien en chef du Conseil du Trésor entendait maintenir la victime sous anesthésie au moins jusqu’au 31 mars prochain. On décidera alors du traitement à prodiguer : greffe ? amputation ?… ? à moins que le malade ne décède d’ici là.




