La beauté du commerce équitable

1 juin 2003

Depuis plusieurs années nous avons tous entendu parler du café équitable, signifiant que les producteurs reçoivent un prix convenable pour leur récolte. Plusieurs ont adhéré à cette campagne, car elle répondait à un principe d’équité que l’on apprécie quand on veut une meilleure justice. La question que je me suis posée est la suivante : peut-on dans notre région, notre ville et notre quartier, pratiquer un autre type de commerce équitable pour le producteur ?

La réponse est OUI. D’abord, il faut regarder ce que nous mangeons et voir avec notre fournisseur si les produits qu’il vend sont locaux. Il est certes intéressant d’acheter mondia­lement pour les produits que nous n’avons pas localement mais pour ceux que nous pro­duisons, c’est plus simple de les acheter ici. Prenons l’exemple des pommes. Nous avons une production de pommes locales et une bonne variété de spé­cimen. Avec les chambres à atmosphère contrôlée, la qua­lité de nos pommes supplante la qualité des pommes importées du monde entier. En deman­dant à votre fournisseur la pro­venance des pommes que vous voulez acheter, vous serez en mesure de faire un choix : acheter une pomme dont le transport se fait de Compton à Sherbrooke ou bien d’une pomme qui a fait le transport de l’Afrique du Sud à Sherbrooke. En plus d’être équitable, votre choix sera aussi écologique, car vous sauverez sur le transport de votre pomme.

Notre pain quotidien…

Un autre aliment que nous con­sommons sans trop nous pré­occuper de sa provenance, c’est le pain. Nous avons plu­sieurs boulangeries locales qui font du bon pain et qui engagent quelqu’un de chez-nous, votre voisin peut-être ? Si vous demandez à votre fournisseur d’où vient ce pain, il vous répondra de Montréal. Vos chances d’influencer sur la qualité de ce produit dans le but de l’améliorer sont minimes comparativement avec vos boulangeries locales. Un petit test intéressant qui en dit long sur la qualité : si vous laissez une tranche de pain sur le comptoir et qu’elle ne pourrit pas, c’est qu’ il n’y a pas assez de vie dedans pour mourir. La vie amène la vie. Vous pourrez communiquer avec votre bou­langerie pour lui faire part de votre désir d’avoir du pain vivant, ce qui ne sera pas le cas avec une boulangerie de l’ex­térieur. Encore là, votre choix sera équitable et écologique pour la même raison que la pomme.

et notre boeuf local ! ! !

Votre viande maintenant ! Demandez à votre boucher la provenance de votre boeuf et il vous répondra avec fierté, de l’Ouest. Il vous dira aussi que le boeuf « local » n’aura pas la même tendresse, et que, de ce fait, le marché local est inexis­tant. Foutaise. Vous n’avez aucun contrôle sur les hormones de croissance ou les anti­biotiques que l’éleveur aura utilisés alors que si votre boeuf est « local » vous aurez le loisir de téléphoner à l’éleveur et même aller sur les lieux pour vérifier la qualité de son éle­vage. Une relation de con­fiance peut s’établir entre vous et celui-ci qui répondra ainsi à vos besoins d’une viande saine et savoureuse. En obtenant de l’information sur l’éleveur de votre viande, vous développez un réseau de connaissances intéressant et vous allez sentir que vous faites partie d’une communauté.

Encore une fois votre choix sera équitable tout en répon­dant à vos exigences de qualité. Plusieurs exemples peuvent vous venir à l’esprit pour établir votre propre commerce équita­ble. Aussi, un des critères pour l’équité est votre confiance dans la qualité que vous offre la proximité du fournisseur, votre capacité de communiquer avec lui et d’influer sur le type de production qu’ il peut faire, car il (votre fournisseur) veut être en relation avec vous. C’est extraordinaire de sentir l’en­thousiasme de tous ces fournis­seurs quand je communique avec eux. Développez votre niveau de confiance, allez vers eux car ils sont de chez nous. L’effet secondaire qui en dé­coulera sera de tisser une meilleure relation sociale.

 

 

 

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