Si l’on veut comprendre la situation actuelle des OGM en Amérique du Nord, il faut remonter au moment de la réglementation de l’industrie des biotechnologies aux États-Unis. En 1986, M. Sapiro, président de la compagnie Monsanto, alla voir le vice-président de l’époque, M. George Bush senior et lui demanda de réglementer l’industrie. Selon Jeffrey Smith, auteur de Seeds of Deception, M. Bush répondit que tout le gouvernement américain était dans un processus de déréglementation et non de réglementation.
M. Sapiro aurait répondu que les règlements étaient prêts et que le gouvernement n’avait qu’à les appliquer. Par la suite, plusieurs scientifiques de la Food and Drugs Administration (FDA), démissionnèrent n’étant pas en accord avec nombre d’imprécisions et failles dans la présentation des dossiers de Monsanto et autres. Dès lors, le rouleau compresseur des biotechnologies se mit en marche. Cette situation se retrouva rapidement au Canada, avec le principe d’équivalence substantielle des aliments transgéniques avec les aliments conventionnels. Ce principe, souvent mensonger, la Société Royale du Canada le détruisit quand elle présenta un rapport de 58 recommandations en février 2001. Presque quatre ans plus tard, très peu a été mis de l’avant.
Préférant retraiter derrière ce principe d’équivalence plutôt que d’exiger une évaluation approfondie des transgènes, nos politiciens ont laissé de côté le principe de précaution. Nous pouvons voir que dès le départ, il y a eu empiètement du corporatif sur le législatif et le politique. Gens de la politique, 87 % de la population québécoise vous demandent un moratoire sur cette diffusion aléatoire de transgènes dans la nature qui est un bien commun. Écoutez-les !
Par André Nault • Activiste environnemental



