La tyrannie du nouvel ordre sexuel

1 février 2004

50 ans après la naissance de Playboy

Depuis la création du magazine Playboy en 1953, le terme « pornographie » n’a plus de secret pour aucun. Plusieurs jeunes et moins jeunes fréquentent le marché pornographique comme jadis on fréquentait le marché public. Mais si l’on n’achète plus de fruits et légumes on continue, par contre, à marchander le corps des femmes et l’on consomme de plus en plus des images d’enfants nus. Bref, on « s’envoie en l’air » avec la tyrannie du nouvel ordre sexuel.

Bienvenue dans l’univers pornographique par excellence. Clubs vidéos, tabagies, dépan­neurs, sex-shops. Pour les moins « sorteux », il y a toujours la télévision et Internet. Au ni­veau monétaire, le chiffre d’af­faires mondial de la pornogra­phie s’élève à près de 52 mil­liards d’euros (66 milliards US). La consommation de sites por­nographiques y est pour beau­coup, faisant l’objet de plus de 27 millions de requêtes par jour. L’ industrie pornographique constitue un marché en pleine expansion. Chaque année, on emploie 20 000 « vedettes » pornographiques en Californie, et ce, exclusivement pour la création de films. La vente de vidéos fournie au gouverne­ment états-unien la jolie somme de 31 millions de dollars en taxes. Quant au sexe en ligne, il a généré tout près de 1,8 mil­liard de dollars US en 2000. À cela, on peut ajouter quelques millions pour les statistiques de 2004…

On va jouer à « Mets-toi tout nu »

Pornographie enfantine. Pédo­pornographie. Abus sexuels envers mineurs. Des mots qui font grincer des dents… ou qui font bander certains hommes. En effet, il est dégoûtant de constater que le chiffre d’af­faires annuel de la pornographie enfantine s’élève jusqu’à trois milliards de dollars US aux États-Unis seulement. Ce qui se traduit par l’utilisation à des fins de marchandage sexuel plus d’un million d’enfants; un million d’enfants contraints à être exposés à des actes dégra­dants et humiliants à caractère criminel; un million d’enfants victimes de pulsions sexuelles et soumis à des actes dépassant la médiocrité humaine. En 2003, 250 000 adeptes de ces rituels d’abus infantiles (ou pédophiles) ont été retracés à travers le monde. De ce nombre, plus de 2 000 étaient Canadiens. Et si l’on se fie aux statistiques émises en 1996 où l’on estimait à 40 millions le nombre de pages sur Internet consacrées à la pédoporno­graphie, on peut se faire une idée du nombre de criminels encore en liberté. Et pour le volet « jeunesse », la tendance est également à la hausse…

Porno-stimulis

Il est difficile d’établir un lien entre la consommation porno­graphique et le comportement sexuel agressif. Néanmoins, des études en sont arrivées à la conclusion que les criminels abuseurs de femmes et/ou d’enfants constituaient géné­ralement une clientèle fidèle de l’univers pornographique. Par exemple, on a noté que plus de 50 % des 700 abuseurs d’en­fants arrêtés à Los Angeles au cours des dix dernières années avaient en leur possession du matériel pornographique impli­quant des enfants, et 80 (Y0 possédaient de la pornographie adulte ou infantile. Quant aux femmes ayant été victimes de viol, elles ont été contraintes à poser à des fins pornographi­ques dans une proportion d’au moins 32 %.

Victimes malgré soi

Finalement, la pornographie est un cercle vicieux auquel on ne peut échapper. Les enfants et les adolescents sont de plus en plus interpellés : en moyenne, un adolescent dans le monde occidental verra 14 000 réfé­rences sexuelles par an à la télévision mais seulement 165 à propos de contraception ou du risque de MTS. Il ne faut donc pas s’étonner de l’ampleur du phénomène des pratiques sexuelles pré-adolescentes, ni du nombre croissant des victimes de MTS ou de Sida, ni encore du désir sexuel insatiable pour plusieurs de l’agent mas­culine, qui ne voient que bana­lité à la pénétration vaginale. Malheureusement, la tyrannie du nouvel ordre sexuel s’est emparée de l’homme et s’est imposée partout. L’industrie marchande vend des corps aux enchères, et l’humanité se désagrège sous les fantasmes et névroses des trafiquants de chair. Comment arriverons-nous à arrêter ce cercle infer­nal des 3 P (Pornographie, Pédophilie, Prostitution) ?

Source : POULIN, Richard, 50 ans après la naissance de Playboy – La tyrannie du nouvel ordre sexuel, 16 déc. 03

 

 

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