Association des locataires de Sherbrooke
L’Association des locataires de Sherbrooke (ALS) veut que la crise du logement représente un enjeu majeur de la campagne électorale fédérale.
Elle réclame donc que tous les partis, en particulier le Parti libéral de Paul Martin qui risque de former le prochain gouvernement, prennent des engagements écrits et chiffrés en matière de logement social. Elle se fait quant à elle l’écho du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), le regroupement québécois dont elle est membre, pour revendiquer que les partis s’engagent à investir 2 milliards $ supplémentaires par année directement dans le financement de nouveaux logements gérés par des organismes sans but lucratif.
De 1990 à 1993, le gouvernement conservateur a sabré dans le logement social.
Selon l’Association des locataires, les gouvernements conservateur et libéral qui se sont succédé à Ottawa sont largement responsables de la situation actuelle du logement. De 1990 à 1993, le gouvernement conservateur a sabré dans le financement de nouveaux logements sociaux, alors que le gouvernement libéral y a mis complètement fin à partir du lu janvier 1994. L’Association des locataires affirme qu’au total ces compressions budgétaires ont privé le Québec de 50 000 logements sociaux, dont 43 000 depuis l’arrivée au pouvoir du Parti libéral du Canada. Le retrait fédéral est, entre autres, directement responsable de la fin de la construction de nouveaux HLM, aucun logement de ce type n’ayant vu le jour au cours des dix dernières années.
L’Association des locataires de Sherbrooke admet que le gouvernement libéral a, depuis 2002, annoncé des investissements totaux d’un milliard $ en six ans, dont 237 millions $ au Québec, dans un nouveau programme dit de logement abordable. Elle rappelle toutefois que, sur les 9070 logements qui devraient être financés au Québec en vertu de ce programme, 3565 seront des logements privés pouvant se louer jusqu’à 800 $ par mois pour un 4 1/2 … Quant aux 5505 autres, il s’agit de logements à propriété sociale, mais dont le loyer est plus élevé que dans les logements sociaux traditionnels, ce qui en diminue l’accès aux ménages à plus faible revenu ou les oblige à y consacrer jusqu’à 40 % et même 50 % de leur revenu en loyer.
Le 23 février dernier, Paul Martin avait affirmé aux porte-parole du FRAPRU que la plate-forme électorale du Parti libéral proposerait un plan d’investissements de plusieurs années directement en logement social, avec des sommes d’argent qui iraient en augmentant au fil des ans. Martin a répété cet engagement devant la presse, immédiatement après la rencontre. Il en a à nouveau fait part quelques semaines plus tard à Sherbrooke. L’Association des locataires affirme toutefois n’avoir aucune certitude que le Parti libéral donnera réellement suite à ces paroles.
L’Association des locataires réclame donc qu’un tel engagement fasse partie intégrante de la plate-forme de ce parti. Elle le met aussi en garde contre la tentation de noyer le logement social dans le financement des infrastructures municipales, ce qui mettrait l’habitation en compétition avec d’autres besoins essentiels des villes comme la qualité de l’eau, les routes et le transport urbain.
L’association met Paul Martin en garde contre la tentation de noyer le logement social dans le financement des infrastructures municipales.
L’Association des locataires signale que seul le Bloc québécois a jusqu’ici fait connaître ses engagements en
matière de logement social. Même si elle est consciente que ce parti est incapable de prendre le pouvoir, elle se dit satisfaite de son engagement d’y consacrer 4,5 milliards $ additionnels en trois ans, dont 2 milliards $ en 2006-2007. L’Association des locataires demande aux autres partis de faire de même, en étant confiante que ce sera le cas du Nouveau Parti démocratique, mais en disant craindre dans le cas des libéraux de Paul Martin et des conservateurs de Stephen Harper.



