Au maire Jean Perrault et aux élus,
Ils sont venus… ils étaient tous là à la 9e édition du Wellington Tuning Show. Vous devez être fiers et contents que notre centre-ville ait été l’hôte, durant trois jours, d’un tel événement facilitant l’occupation urbaine par un si grand nombre de bolides. Il y en avait de tous les formats et de toutes les catégories. Ainsi, il y en avait des minuscules, des géants, des ronds, des carrés, des rouges, des jaunes, des noirs, des dorés, des argentés, des pétaradants, sur deux roues, sur quatre mues. Il y avait même des « chars » de l’année. C’est tout dire ! Quant au vrombissement et à l’odeur permanente d’essence, je préfère passer sous silence.
Ce qui m’amène à vous demander pour quelle raison permettez-vous la réalisation de ce genre d’activité en plein cœur de la cité ? En effet, à l’heure où la planète se fragilise de plus en plus, entre autres, par le trop grand nombre d’automobiles, il est questionnant, voire préoccupant, de voir à quel point, nos responsables municipaux facilitent la venue non seulement d’exposants, mais d’un fort grand nombre d’automobilistes et de motocyclistes dans nos rues en pleine chaleur estivale. Pourtant, seulement à travers l’Amérique du Nord, nous sommes à même de constater que plusieurs villes font des efforts louables pour réduire la circulation automobile, principalement dans leur centre-ville afin de le rendre plus agréable et plus « vert » à leurs résidents ainsi qu’aux touristes. De plus, vous n’êtes pas sans savoir que de telles activités sont une invitation directe pour plusieurs personnes à investir davantage dans l’automobile, et ce, au détriment de modes de transport plus écologiques et économiques, dont le transport en commun urbain. Malgré tout, j’espère que vous vous êtes permis du bon temps au centre-ville durant ces trois journées d’exposition.
Par ailleurs, je sais que la Ville de Sherbrooke s’est dotée d’une politique de développement durable. Mais à la vue de certaines activités qui se répètent depuis trop d’années (course automobile sur glace, Tuning Show, bateaux à moteur sur le Lac des Nations, etc.), il m’apparaît que de cette politique, c’est le durable, malheureusement, qui prime, c’est-à-dire, durable au niveau de la pollution sonore, durable au niveau de la pollution automobile. Le grand physicien et vulgarisateur Hubert Reeves a écrit un livre intitulé Le mal de Terre. Concernant Sherbrooke, je serais tentée d’écrire Le mal de ville.



