Le mal de ville

1 août 2006

Au maire Jean Perrault et aux élus,

Ils sont venus… ils étaient tous là à la 9e édition du Wellington Tuning Show. Vous devez être fiers et contents que notre centre-ville ait été l’hôte, durant trois jours, d’un tel événement facilitant l’occu­pation urbaine par un si grand nombre de bolides. Il y en avait de tous les formats et de toutes les catégories. Ainsi, il y en avait des minuscules, des géants, des ronds, des carrés, des rouges, des jaunes, des noirs, des dorés, des argentés, des pétaradants, sur deux roues, sur quatre mues. Il y avait même des « chars » de l’année. C’est tout dire ! Quant au vrombissement et à l’odeur permanente d’essence, je préfère passer sous silence.

Ce qui m’amène à vous demander pour quelle raison permettez-vous la réalisation de ce genre d’activité en plein cœur de la cité ? En effet, à l’heure où la planète se fragilise de plus en plus, entre autres, par le trop grand nombre d’automobiles, il est questionnant, voire préoccupant, de voir à quel point, nos responsables municipaux facilitent la venue non seule­ment d’exposants, mais d’un fort grand nombre d’automo­bilistes et de motocyclistes dans nos rues en pleine chaleur estivale. Pourtant, seulement à travers l’Amérique du Nord, nous sommes à même de cons­tater que plusieurs villes font des efforts louables pour réduire la circulation auto­mobile, principalement dans leur centre-ville afin de le rendre plus agréable et plus « vert » à leurs résidents ainsi qu’aux touristes. De plus, vous n’êtes pas sans savoir que de telles activités sont une invita­tion directe pour plusieurs personnes à investir davantage dans l’automobile, et ce, au dé­triment de modes de transport plus écologiques et économi­ques, dont le transport en commun urbain. Malgré tout, j’espère que vous vous êtes permis du bon temps au centre-ville durant ces trois journées d’exposition.

Par ailleurs, je sais que la Ville de Sherbrooke s’est dotée d’une politique de développement durable. Mais à la vue de certaines activités qui se répètent depuis trop d’années (course automobile sur glace, Tuning Show, bateaux à moteur sur le Lac des Nations, etc.), il m’apparaît que de cette politique, c’est le durable, malheureusement, qui prime, c’est-à-dire, durable au niveau de la pollution sonore, durable au niveau de la pollu­tion automobile. Le grand physicien et vulgarisateur Hubert Reeves a écrit un livre intitulé Le mal de Terre. Con­cernant Sherbrooke, je serais tentée d’écrire Le mal de ville.

 

 

 

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