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ÉDITORIAL

Un parti politique municipal

Le quotidien Là Tribune nous apprenait récemment la création d’un nouveau parti politique municipal, le Renouveau sherbrookois. Le tout a d’ailleurs été confirmé par un porte-parole du Directeur général des élections du Québec. Pour l’instant, Bertrand Sévigny, conseiller municipal de l’arrondissement de Rock Forest, agira comme chef intérimaire jusqu’à ce que les membres du parti choisissent leur chef par voie démocratique. Deux autres conseillers ont annoncé leur adhésion, Robert Pouliot (Ascot) et Diane Délisle (Deauville). Le parti devrait être prêt pour les prochaines élections municipales prévues en 2009.

Il faut savoir qu’au cours de sa récente histoire, l’ancienne Ville de Sherbrooke a déjà vu naître quelques partis politiques municipaux en 1970, en 1982 et finalement en 1990, le dernier en liste étant le Rassemblement des citoyens de Sherbrooke (RCS). Le conseiller Serge Paquin (Mont-BeIlevue) a déjà été membre de ce parti. Pour les deux derniers partis, ceux-ci sont disparus rapidement, plusieurs étaient convaincus qu’il n’y avait pas de place pour un parti municipal à Sherbrooke ou tout simplement, que cela ne faisait pas partie de nos mœurs électorales.

Les gens veulent se faire entendre

Les temps ont changé, on le voit bien. L’an dernier, une coalition citoyenne s’est mise sur pied pour contrer le futur plan d’urbanisme de la Ville de Sherbrooke et demander la tenue d’un référendum qu’elle a d’ailleurs gagné. Bien avant, un vent de mécontentement s’était levé exigeant plus de transparence de la part de nos élus. N’a-t-on pas entendu une grogne populaire, contre l’implantation du nouveau système ,de transport en commun ? N’a-t-on pas eu écho des oppositions devant les coûts exorbitants du développement de Cité des rivières ?

Entrée Libre salue la venue sur la scène politique municipale du Renouveau sherbrookois tout en demeurant vigilant. Nous souhaitons qu’il permette aux citoyens et aux citoyennes de faire davantage valoir leurs idées et de s’impliquer plus directement dans la-vie démocratique de la cité. Si les valeurs portées par le nouveau parti municipal rejoignent celles de plusieurs personnes, il en résultera une plus grande activité citoyenne. Un candidat appartenant à un parti politique, endossera son programme et le fera connaître auprès des électeurs et des électrices. Il leur sera redevable par la suite. Au contraire, un élu indépendant n’a qu’un programme restreint et dès le lendemain des élections, il se fond dans le conseil municipal.

Être informé avant les prises de décision

Avoir un parti politique, c’est avoir un porte-parole qui ramène sur la place publique des sujets qui sont discutés derrière des portes closes, comme c’est trop le cas présentement. Il faut voir la venue d’un parti politique avec une orientation politique et idéologique donnée, comme un instrument au service d’un groupe de citoyens ; comme une appropriation de l’espace public par les citoyens qui, grâce à leurs représentants au conseil municipal, pourront faire entendre leur voix. Tout autant est souhaitable la venue d’autres partis municipaux afin de rendre possible un pluralisme politique afin que s’installe une saine confrontation lors de débats, et ce, pour une meilleure vie démocratique. Nous souhaitons qu’avec la venue de ce parti, les gens reprennent goût à la vie politique municipale afin d’en faire une ville où l’implication citoyenne aura droit de cité. Enfin, souhaitons que le Renouveau sherbrookois ne soit que le début d’une ère nouvelle et que d’autres suivront son exemple.

 

 

 

 

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