Voilà que notre administration municipale veut se mettre à la mode ! Eh oui, elle songe à la tarification de certains services publics. En effet, un groupe travaille présentement à la confection d’un inventaire des services municipaux et une première liste devrait être déposée en septembre ou octobre. Cet inventaire servira à évaluer les services, à les réorganiser si nécessaire et possiblement à imposer des tarifs en fonction de leur utilisation.
Ne jouons pas à l’autruche ! Il faut voir que cette démarche de nos élu-e-s s’inscrit dans une vague générale de remise en question des services publics. Privatisation, dérèglementation, tarification, voilà les mots à la mode. Ces derniers temps, on va même jusqu’à suggérer de privatiser l’assurance-chômage au fédéral et la commission de santé et sécurité au travail (CSST) au provincial !!! Du même souffle, on nous parle de tarification de certains services et ce, tant au provincial qu’au municipal. Eh oui, les fameux tickets modérateurs se montrent le bout du nez un peu partout… L’objectif officiel visé est, bien sûr, la baisse des impôts !
Ce qui nous inquiète dans ces différentes démarches, c’est que certaines personnes veulent administrer les services publics comme des entreprises privées « rentables » (Tout le monde sait que cette mode commence par des patrons). Cependant, on ne parle jamais des entreprises privées dont la mauvaise administration nous coûte souvent très cher. Qu’on se rappelle les deux banques de l’Ouest qui ont fait faillite et qui nous ont coûté un milliard de dollars (argent provenant du gouvernement fédéral, donc principalement de nos impôts). On imagine mal comment on va réduire les impôts avec des dépenses pareilles…
Ceci nous amène à croire que quand le maire Pelletier déclare qu’« on dirige la ville comme une entreprise privée » il faut peut-être s’inquiéter ! Il n’y a pas si longtemps, l’administration municipale parlait de privatiser le système de cueillette des ordures ménagères. Voilà qu’elle revient à la charge avec la tarification des services. Ah la mode… la mode…
Nous ne sommes pas opposé-e-s à toute tarification. Nous pensons que la tarification portant sur les services offerts à des compagnies lucratives pourrait être une source de revenus intéressante. On pourrait, par exemple, fixer un tarif à l’étude de changement de zonage pour un commerçant… Il nous faut cependant demeurer vigilant-e-s face à cette tarification qui risque de toucher la population en général et plus particulièrement les moins favorisé-e-s.
Devant une question aussi vaste et importante que celle de la tarification des services municipaux, il serait de mise que les personnes qui se présenteront aux postes de maire et de conseiller-e-s lors des prochaines élections, soient appelées à se prononcer clairement sur ce sujet.
ENTRÉE LIBRE suit ce dossier avec intérêt et partagera son analyse avec ses lecteurs et lectrices.



