Pendant trois (3) ans, des citoyens-citoyennes ont travaillé bénévolement à la mise sur pied d’une garderie dans le quartier Centre-Sud de Sherbrooke. Cette garderie s’appelait « Au Croissant de Lune » et serait en mesure d’accueillir 60 enfants.
Fait à signaler, cette garderie ouverte le jour et le soir permettrait de répondre aux besoins de nombreux parents qui travaillent le soir ou qui font un retour aux études.
L’impossibilité de trouver, dans les limites de Sherbrooke, des locaux adéquats a obligé les promoteurs-trices à planifier la construction de la garderie. Le terrain est acheté, les plans et devis sont terminés, le système comptable, les règlements de régie interne, le programme d’activités, la liste d’enfants, tout y est.
Un obstacle majeur fait en sorte que le projet ne peut se concrétiser… le manque d’argent.
Les montants accordés en subvention par l’Office des services de garde ne sont pas suffisants. De plus, la Fédération des caisses populaires Desjardins de l’Estrie et la caisse locale concernée évaluent la possibilité d’émettre une hypothèque maximale de 85 000,00 $ (35 000,00 $ de moins que la demande initiale du projet).
Les administrateurs de la caisse et de la Fédération, considérant que l’immeuble construit dans un quartier défavorisé (Centre-Sud) perd ainsi de sa valeur marchande, n’ont pas voulu accepter la demande initiale. De plus, la caisse ne considère pas devoir financer les aménagements nécessaires pour rendre l’édifice conforme aux normes auxquelles se soumettre la garderie pour pouvoir offrir ses services.
Ce n’est pas la première fois que de tels projets connaissent ce problème, et pourtant la situation n’a jamais été corrigée.
L’Office des services de garde devrait rapidement accorder dans de telles situations une aide adéquate (hausse de subvention et garantie de prêt).
D’autre part le mouvement des Caisses Populaires qui se veut près des besoins de la population et au service de celle-ci, rate l’occasion de concrétiser ses slogans. Accorder un prêt hypothécaire plus élevé au projet permettrait de créer entre 10 et 14 emplois permanents et d’assurer une meilleure qualité de vie à de nombreuses familles du Centre-Sud.
Des démarches ont été faites auprès des députés provinciaux de Sherbrooke et de Saint-François. M. Hamel vient de donner son appui au projet et le recommande à sa collègue de Saint-François, Mme Gagnon-Tremblay. Celle-ci, ministre à la condition féminine et responsable du dossier des garderies, semble vouloir éviter de s’attaquer de front au problème. Pis, lors d’une rencontre avec les promoteurs et les promotrices, elle leur propose d’endosser personnellement l’emprunt supplémentaire de $44 000.00 nécessaires à la réalisation du projet ! ! !
Il faut un certain culot pour proposer une telle solution à des bénévoles qui, depuis trois ans, ont donné temps, énergie et argent pour l’organisation de cette garderie sans but lucratif. On leur demande de prendre sur leurs épaules une responsabilité que refusent d’assumer gouvernement et institutions financières…
Pour répondre à un besoin manifesté par les résidents-résidentes du quartier ces personnes ont pris la responsabilité de faire les démarches en vue de mettre sur pied la garderie « Au Croissant de Lune ».
Combien de temps encore devront-ils attendre avant que gouvernement et institution financière appuient les initiatives du milieu en prenant leur part de responsabilité ?




