La société québécoise change plus rapidement que son système scolaire. Le Québec traditionnel, homogène, catholique a connu une évolution rapide depuis le début des années 60 et est devenu une société pluraliste. Pourtant notre système scolaire demeure toujours confessionnel (catholique et protestant).
Tentative de réformes…
Dès le début des années 60 le rapport Parent soulève la nécessité de développer un réseau scolaire neutre. Ce réseau en 1986 se fait toujours attendre.
Plusieurs projets de réformes ont été élaborés mais peu de résultats ont été obtenus. Pour ne citer que les plus récentes démarches, 1978 : publication d’un livre vert qui est suivi d’une vaste consultation. Tout le système scolaire est remis en question, y compris la confessionnalité scolaire. Ces démarches sont suivies de la publication d’un livre orange, du projet de loi 40 puis de la loi 3.
Les commissions scolaires confessionnelles sont remplacées par des commissions scolaires linguistiques. L’église catholique ne manifeste pas d’opposition sauf certains croyants plus traditionnalistes. Les changements n’ont finalement pu se réaliser.
En effet en juin 85 les partisans de l’école confessionnelle obtiennent un jugement de la cour supérieure qui vient mettre un frein à la réforme proposée.
Que reste-t-il de ces tentatives ?
Bien peu de choses si ce n’est que depuis septembre 85 tous les parents doivent choisir entre l’enseignement religieux et l’enseignement moral pour leurs enfants.
La société change
Le nombre de catholiques diminue, de 92 % qu’ils étaient durant les années 70, ils passent à 88 % en 1981 et à 86 % en 1986.
La pratique religieuse hebdomadaire diminue elle aussi. Elle est passée de 32,9 % en 1981 à 29,6 % en juin de la même année.
Le nombre d’élèves suivant les cours d’enseignement moral augmente sans cesse. Le pourcentage est passé de 2 % en 1981 à 13 % en 1985.
Le taux de natalité au Québec est très bas. L’augmentation de la population est due à l’arrivée de nombreux immigrants qui ne sont pas nécessairement catholiques. En 1990 les membres de communautés culturelles autres que les Québécois francophones représenteront 50 % de la clientèle francophone de la Commission des écoles catholiques de Montréal. Ce 50 % proviendra de 80 ethnies différentes… Combien de religions différentes seront représentées ?
La société québécoise est de plus en plus pluraliste, ces différences doivent être respectées.
L’école doit changer…
L’école est financée par tous les contribuables du Québec. L’État ne peut évidemment répondre aux attentes de tous les groupes de croyants.
L’école est un service public qui doit respecter le pluralisme existant dans notre société. L’école a une mission éducative qui n’est pas d’ imposer à nom d’une majorité des valeurs religieuses. Elle doit fournir une égale qualité d’enseignement pour tous et garantir le droit à la liberté de conscience pour tous.
Le système scolaire devrait véhiculer des valeurs sociales (respect, justice, discipline, etc.) et des valeurs individuelles associées au dépassement et à la réussite.
La responsabilité de transmettre une foi relève des parents et des communautés de croyants et non pas à l’école.
À chacun ses responsabilités.



