Être mère, quel métier !

Obligées d’assurer une « permanence » 24 heures par jour et 7 jours par semaine, les mères sont exposées à une fatigue physique et émotionnelle qui présente d’étroites similitudes avec l’épuisement professionnel, soutien Violaine Guéritault, psychologue française spécialisée dans la gestion du stress. Pour vérifier la véracité de son concept de burn-out maternel, elle a interviewé 500 femmes, aux États-Unis et en France. Résultat une définition rigoureuse du burn-out maternel ainsi qu’une analyse éclairante de ses causes et de ses répercussions, ces dernières étant parfois dramatiques (la maltraitance des enfants, par exemple). Tout en étant fondé sur une recherche scientifique, l’ouvrage fourmille d’anecdotes, glanées en cours d’enquête, qui le rendent accessible et vivant. Chose sûre, les mères s’y reconnaîtront et y trouveront en prime des trucs pratiques pour éviter le burn-out. Ce livre a une autre grande vertu ; celle de déculpabiliser les mères qui se croient incompétentes lorsqu’elles craquent..
GUÉRITAULT, Violaine, La fatigue émotionnelle et physique des mères Odile Jacob. 2004, 320 p.
Source : La Gazette des femmes, janv.-fév. 2005, Vol. 26 N° 4
Ces femmes qui ont éduqué le Québec

« Notre société a une dette considérable envers les institutrices. Or, aucun livre ne leur avait encore été exclusivement consacré », dit Micheline Dumont. Le plus récent ouvrage de cette pionnière des recherches en histoire des femmes, écrit en collaboration avec l’historienne Andrée Dufour, veut donc pallier une lacune. Dès 1830, les femmes forment la moitié du corps enseignant (au primaire). « La féminisation du secteur a commencé au Québec beaucoup plus tôt qu’ailleurs », souligne Mme Dumont. Cela ne plaît guère aux élites dirigeantes, qui pratiquent à l’égard des institutrices une discrimination systémique. « Dès qu’elles deviennent majoritaires, les institutrices sont perçues comme les grandes responsables des échecs scolaires des garçons », ajoute l’historienne. Vieille rengaine, que reprennent les actuels détracteurs de l’école mixte et certains masculinistes… À cet égard, on saura gré à Micheline Dumont et à Andrée Dufour de remettre plusieurs pendules à l’heure et surtout, de montrer l’apport inestimable des femmes à l’éducation des Québécoises et des Québécois.
DUMONT, Micheline, DUFOUR, Andrée. Brème histoire des institutrices au Québec de la Nouvelle-France à nos jours, Boréal, 2004, 224 p.
Source : La Gazette des femmes, janv.-fév. 2005, Vol. 26 N° 4



