Défi du XXIsiècle : nourrir les peuples

Dans un article paru dans le journal The Guardian de Londres, il était fait mention des choix auxquels nous devons faire face : le capitalisme ou une planète habitable. On ne peut avoir les deux, semble-t-il. Intéressant comme approche, surtout venant de la section Affaires d’un grand journal londonien. Cet article m’a amené à la réflexion suivante.

Dans les années 1960, mon père disait que des gens allaient mourir de faim avec de l’argent dans leurs poches. Je n’avais pas la moindre idée des implica­tions que cela comportait. Aujourd’hui, je commence à voir où il voulait en venir.

La nourriture des actionnaires

Nourrir les actionnaires, c’est beaucoup plus important que de nourrir un peuple. Afin de nourrir ces actionnaires, par exemple, nous avons délaissé notre agriculture locale car ces détaillants font plus de profits à importer des denrées d’un peu partout à travers le monde et à mettre à genoux nos produc­teurs locaux en leur livrant une concurrence déloyale.

Ainsi en est-il des petits fruits que nous avons ici en région que pendant une courte période l’été. Peu avant la saison, les détaillants vont en importer et les vendre en deçà du prix de production d’ici, arrachant ainsi des prix ridiculement bas aux producteurs locaux. Les grandes entreprises . font la même chose partout dans le monde occidental et nourrissent ainsi les actionnaires tout en écrasant nos producteurs. Nos tomates du Québec sont ven­dues à vil prix sur les marchés du sud des États-Unis alors que nous importons des tomates du Mexique par camion à travers le continent. En agis­sant ainsi, ces grandes surfaces contrôlent les prix par une bourse quasi fictive car il n’y a que très peu d’acheteurs (environ cinq gros) à cette bourse mais nos propres agriculteurs ont à se battre pour se maintenir en vie.

Il y a deux fermes familiales qui ferment leurs portes à tous les jours au Québec, mais les actionnaires sont bien nourris. Nous, citoyens du Québec, citoyens de l’Estrie, qu’allons-nous manger quand il n’en restera plus ? Car la logique implacable du capitalisme ne nourrit que ses actionnaires, rendant le capitalisme insou­tenable avec une planète habitable.

Les gouvernements serviteurs

Dans une étude de la National Farmers Union (novembre 2003), un syndicat de l’Ouest canadien, il est clairement démontré qu’à chaque dollar payé en surplus au producteur, les fournisseurs iront en cher­cher 1,14 $, étouffant ainsi leur poule aux œufs d’or. Le lobby exercé par ces fournisseurs auprès de nos gouvernements est inimaginable, les rendant pratiquement serviteurs de ces conglomérats alimentaires pour qui l’alimentation n’a pas d’importance et pour qui les profits sont le seul objectif.

Un approvisionnement ali­mentaire aussi lointain que celui que l’on vit aujourd’hui est insoutenable pour notre planète et le tout à l’import-export est à réévaluer si nous voulons nous-mêmes survivre à une partie de ce siècle. Serons-nous capables d’une remise en question de nos actions dévas­tatrices pour notre planète ? Quel beau défi pour la sauvegarde de notre race !

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Québec blâmé par un organisme de l’ONU

Le Bureau international du travail (BIT) estime que le gou­vernement du Québec contre­vient au droit international en matière de liberté syndicale en empêchant la syndicalisation de 13 000 éducatrices de service de garde en milieu familial (loi 7) et de 11 000 ressources intermédiaires d’hébergement (loi 8) en leur conférant le statut de travailleur autonome. Le BIT presse le gouvernement d’amender ces lois adoptées sous le bâillon en 2003…

Source : Ilusion-Emploi, Vol. 7 no 6 2006

 

 

 

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