Le PQ, on le voit ces temps-ci avec sa remontée dans les sondages, profite d’un réservoir non encore épuisé de capital politique. Vous croyez que la remontée du PQ n’est au fond qu’un autre exemple particulièrement cynique du post-modernisme québécois ?
Les Québécois, il est vrai, ont tendance à voir de plus en plus l’ADQ comme une alternative valable au PL autant qu’au PQ. Nous ne parlons pas exclusivement de la génération « Jeff fillionnienne » ; il y a aussi des Baby Boomers tardifs. Or, l’ADQ ne risque pas de former le prochain gouvernement. (Elle peut toujours rêver d’un gouvernement libéral minoritaire.) Non, c’est le PQ qui mène. Pourquoi ? Parce que, en 2005, presque 30 ans après l’élection de René Lévesque et 35 ans après l’élection des premiers députés du PQ, des Nostalgiques continuent de vivre dans le passé. Dans cette époque bénie où tout arriva. (Il n’est pas nécessaire ici de revenir sur les réalisations du PQ, Sa plus importante est probablement sa loi sur le financement des partis politiques. Lévesque a nationalisé l’électricité mais il l’a fait sous Lesage.) Dans ce passé doré où René fumait des clopes.
Or, eux, les Baby Boomers, ont cessé de fumer et Lévesque est mort. OK, pas tout à fait mort. Oh, bien sûr, des excités le traitent de looser sur la place publique mais tout le monde sait que c’est un excité. Non, Ti-Poil est toujours vivant dans la mémoire de nos hippies de parents. Mais nos parents ne sont plus des hippies ; ils sont des égocentriques. Je n’ai pas dit des égoïstes. Les Baby Boomers ont eu ce qu’ils voulaient : un emploi de cadre, de professeur, de fonctionnaire. Ils ont mis au pouvoir des plus âgés qu’ils respectaient. Ils n’ont pas fait de mauvais choix mais ils pourraient en faire parce que le PQ a changé ou disons qu’il n’a pas su s’adapter. La ZLÉA, le « squeazage » de notre système de santé ou le déficit zéro par les coupures. Les péquistes ne font plus grand-chose entre les subventions à ALCOA et les coupes à blanc. Or, les Baby Boomers son fatigués. La politique ? Pff !
Retrouver ses convictions
D’accord, mais ce n’est pas si facile. Vous assistez au démantèlement de l’État par l’appauvrissement fiscal et aux racages ou à l’appropriation de nos ressources les plus essentielles en vous disant que l’enjeu le plus important maintenant, c’est de se séparer du Canada. Comme si l’indépendance allait amener un lot de merveilles savoureuses et colorées, accompagnées d’un peu de Diane Dufresne. Il faut à tout prix que les Baby Boomers se rendent compte que la souveraineté n’est pas la propriété du PQ et qu’ils doivent retourner à leurs convictions d’antan sur l’égalité, la fraternité, la non-violence et la liberté. Ils pourraient donc, de concert avec une génération. revendicatrice pas tellement différente de la leur (en tout cas, .beaucoup moins différente qu’eux l’étaient de leurs parents), prouver que rien n’est perdu et que tout est possible.



