De l’Antiquité à nos jours
Il se cache toute une histoire derrière l’arrivée du talon haut. Souvent symbole de puissance, la chaussure à talon haut a été adoptée par les femmes tantôt pour suivre la mode tantôt en guise d’émancipation. Cependant, le port de ce type soulier ne fait pas que rendre sa propriétaire plus féminine selon les mœurs, il lui cause aussi certains maux de pied et des problèmes de santé.
La chaussure : un déterminant identitaire depuis des siècles
À l’époque de l’Antiquité, les esclaves travaillaient nu-pieds et les maîtres, portaient des chaussures. L’absence du port de chaussures chez les esclaves montrait qu’ils étaient pauvres, démunis et témoignait de leur condition sociale. Pour leur part, les gens chaussés laissaient entrevoir qu’ils appartenaient bel et bien à eux-mêmes et étaient plus nantis. Au Moyen-Âge, la longueur des souliers allongés en pointe était déterminée selon le rang social des princes. Sous le règne de Louis XIV, seuls les aristocrates pouvaient recouvrir leurs talons de cuirs rouges pour démontrer l’importance de leur rang. C’est ainsi dire que la chaussure témoigne depuis longtemps de la richesse et du pouvoir des individus.
Au XVII, les hommes adoptent la botte et laissent aux femmes le soulier d’intérieur. La chaussure pour femme fait alors son apparition et le fossé entre les mondes domestique et politique se creuse.
En 1533, le talon haut est popularisé par Catherine de Médicis qui le porte lors de son mariage. La mode est lancée et dure 250 ans. Ce sont les marcheuses de 1789 en France qui délaissent le talon haut et qui adoptent la chaussure plate en guise d’égalité avec les hommes. En 1850, la bottine à lacet est créée. Elle contribuera à l’émancipation des femmes, mais remettra le talon haut à la mode.
Durant la Première Guerre mondiale, les femmes ont travaillé dur dans les usines et vers les années 1920, elles veulent s’amuser. Le talon baisse et la chaussure s’adapte aux loisirs des filles, qui se livrent à la danse, au vélo, aux activités de la plage, etc. Puis, après la Deuxième Guerre mondiale, le talon aiguille est commercialisé et adopté par les travaiIleuses.
En 1960, les femmes libérales adoptent la botte, symbole de pouvoir et d’autorité. Au Québec, les jeunes Québécoises s’apprêtent à conquérir les cégep. En 1982, Reebok dessine une première chaussure de sport pour femme.
L’habillement tout confort devient populaire. Après 1995, le soulier à talon haut stiletto redevient à la mode et les femmes l’adoptent pour exprimer leur féminité.
Le talon haut : source de maux corporels
Selon une association médicale américaine, les femmes ont quatre fois plus de problèmes au pied que les hommes et bien sûr les talons hauts sont pointés du doigt. De fait, la position du corps n’est pas naturelle avec les talons élevés de cinq centimètres et fragilise la cheville qui devient plus sujet à des entorses et des fractures. De plus. le fait d’avoir les orteils comprimés dans la pointe des souliers favorise l’arrivée de maux tels des champignons, des ongles incarnés, des difformités d’orteils, etc. Selon un professeur américain, le fait d’être perché ci-haut peut entraîner de l’arthrite au niveau du genou, car la pression exercée sur ce dernier endommage le cartilage. Aussi, les mollets s’atrophient à long terme. De plus, la posture adoptée en portant des talons hauts peut entraîner des problèmes de dos, de cou et aussi des maux de tête.
De nouvelles habitudes à adopter
Dans les années 2000, de nombreuses femmes portent toujours le talon haut. Il contribue à mettre en valeur la féminité de celle qui le porte, mais cause aussi certains problèmes de santé. Il est donc important de savoir choisir les moments pour porter les chaussures à talons hauts. Ils peuvent être indiqués pour une soirée chique à l’occasion, mais un peu moins pour le boulot de tous les jours. Il faut savoir choisir entre l’esthétique et la santé des pieds.
Marisol Lemay
Source : La Gazette des femmes, mai-juin 2002
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Prix Idole St-Jean
La Fédération des femmes du Québec (FFQ) a choisi Idola St-Jean pour donner son nom au prix annuel décerné à une femme ou à un groupe de femmes qui contribue d’une façon exceptionnelle au mouvement des femmes.



